LESSING ET WINCKELMANN.
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dans le caractère qui lui faisoit trouver les pa-roles les plus précises et les plus mordantes.Lessing étoit toujours animé dans ses écrits parun mouvement hostile contre les opinions qu’ilattaquoit, et l’humeur donne du relief aux idées.
Il s’occupa tour à tour du théâtre, de la phi-losophie , des antiquités, de la théologie, pour-suivant partout la vérité comme un chasseur quitrouve encore plus de plaisir dans la course quedans le but. Son style a quelque rapport avec laconcision vive et brillante des Français 5 il ten-doit à rendre l'allemand classique : les écrivainsde la nouvelle école embrassent plus de penséesà la fois, mais Lessing doit être plus générale-ment admiré ; c’est un esprit neuf et hardi et quireste néanmoins à la portée du commun deshommes ; sa manière de voir est allemande, samanière de s’exprimer européenne. Dialecticienspirituel et serré dans ses arguments, l’enthou-siasme pour le beau remplissoit cependant le fondde son âme ; il avoit une ardeur sans flamme,une véhémence philosophique toujours active, etqui produisoit par des coups redoublés des effetsdurables.
Lessing analysa le théâtre français , alors gé-néralement à la mode dans son pays, et prétendit