PRÉFACE.
LeS Fables font pour la plupart si anciennes, queleur origine se perd dans f Antiquité la plus reculée.Ceux qui en furent les premiers Auteurs , font auísipeu connus que le temps auquel elles commencèrentde paroître, & les Sçavans qui ont le plus approfondicette matière, fe contentent de dire qu’elles remon-tent au temps où les Defcendans de Noé fe sépa-rèrent pour former différentes Colonies. Ainsi ce queí’on peut penser de plus raisonnable à ce sujet est queles Fables ne furent inventées , ni dans le mêmetemps, ni dans le même pays, ni par les mêmes per-sonnes.
Comme elles font fondées fur la vérité, ainsi que jetâchai de le prouver dans l’Ouvrage que je donnai auPublic , il y a quelques années , fur cette matière, jene doute pas que la communication que Dieu voulutbien avoir avec les Patriarches , & dont la connoif-fance fe conserva par tradition dans le Paganisme ,n’ait été la première source de ce mélange continueldes Dieux & des Hommes, qui fait tout le merveil-leux de ces anciennes fictions.
Dans les premiers temps les Hommes n’adoroientqu un seul Dieu. Noé conserva dans fa famille le culteque ses Pères avoient rendu au Créateur ; mais sesTome I, a