ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
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que lui donne le génie puissant du cardinal de Richelieu. Elles effrayèrentl’Europe entière, en lui révélant pour la première fois le secret de la grandeuret de la puissance de la France .
La marine française aussi s’était considérablement augmentée, grâce auxefforts du cardinal et au zèle de l'archevêque de Bordeaux , Sourdis, un de sesamiraux les plus distingués. La noblesse des grandes côtes de l’Océan et de laMéditerranée commençait à se livrer aux courses nautiques et au commande-ment des flottes. Les matelots bretons et provençaux, sous la conduite des For-bin, des Pontève, allaient parcourir les mers des Indes et de l’Amérique . Lamarine française se composait alors de deux sortes de navires: les galères auxmille rames et les gros bâtiments à voile dont la forme était imitée de celledes Hollandais.
D’après un état dressé par Richelieu, on comptait dans nos ports de Mar-seille, de Toulon, de Bordeaux, de Brest et du Havre deux cent soixante-dixgalères et cent soixante-dix flûtes, ou bâtiments à voile armés de gros canons.— Les galères étaient commandées par un général, et les flûtes par un amiral.Les forces que l’Espagne allait engager sur cet immense théâtre de laguerre étaient plus considérables encore ; mais les troupes qui composaientles armées espagnoles étaient moins nationales i]ue les nôtres. A part lesgrandes bandes qui depuis Charles-Quint faisaient la gloire et la puissancede l’Espagne, toutes les autres troupes tirées de Naples, de la Sicile , du Mila-nais ou de la Franche-Comté , ne subissaient qu’avec répugnance la disciplinesombre et répressive de l’Espagne . — Cependant leur organisation était plusmilitaire qu’en France . Les soldats étaient longtemps exercés avant d’aller aucombat. Les officiers, Teniente-rnajor al ferez, passaient plusieurs années à l’é-tude de la tactique, et suivaient les traditions du ducd’Albe . Les campagnesse faisaient comme au temps de Renty et de Saint-Quentin . Chaque soldatportait une arquebuse et le bâton fourchu qui la soutenait. Les camps espa-gnols ressemblaient à des villes, avec les tentes alignées, les chariots et lescanons qui les entouraient. La marche des troupes espagnoles était lente et ser-rée; leur retraite était admirable d’ordre.
Quant à leurs flottes, elles étaient nombreuses et puissantes ; on les appelaitarmada, et elles sillonnaient toutes les mers, ne redoutant qm les tempêtes, selonleur üère expression nationale.
Dans les Pays-Bas et dans l’Artois, les troupes françaises eurent des succèspresque continuels. La prise d’Hesdin par la Meilleraie couronna la campagnele 1639; il y reçut le bâton de maréchal de France .
Feuquières fut battu à Thionville par Piccolomini; mais le marée liai deChâtillon l’empêcha de profiler de sa victoire, lui fit lever le siège de Mouson,et s’empara d’Ivry ( 1639). Bientôt les trois maréchaux de Châtillon, deChaulnes et de la Meilleraie se réunissent dans les murs d’Arras , et s’empa-rent de cette ville, après un long siège où l’artillerie française fit des pro-diges (1640).
Partout sur la vaste frontière du Nord et de l’Est, le succès couronne les