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HISTOIRE DE L’ARMÉE
efforts des généraux français. — Ils prennent Aire, Donchery, Bar-le-Duc ,Épinal, Lens, laBassée, Bapaume , etc.
Le cardinal de Lavalette avait succédé à Créqui dans le commandement del’armée d’Italie . Il assiégea la place de Chivas.Les Espagnols marchèrent pourattaquer ses lignes. Lavalette fit élever de formidables batteries et força lesEspagnols à la retraite. Après ce succès, le cardinal de Lavalette voulut secourirVerceil; arrivé devant les retranchements ennemis, il passa la Sesia et réso-lut de les attaquer ; mais ses généraux s’y opposèrent ; il fut obligé de repas-ser la rivière et d’abandonner la garnison de la ville de Yerceil, qui fut prise.Cette défaite amena la conquête du Piémont par les Espagnols (1). Richelieu,qui avait mis l’Europe en feu, et dont l’œil embrassait à la fois tous les théâtresde la guerre, et qui voulait dominer la fortune sur tous les points, y envoya lecomte d’Harcourt avec la mission de vaincre les Espagnols et de reprendre lePiémont. Ce général arriva en Italie en 1640, força pour son début les lignesde Casai et de Quiers, prit Turin, délivra Gavas, et battit les Espagnols prèsd’Yvrée. C’était, comme on le voit, s’acquitter glorieusement de sa mission.Pendant cette courte et décisive campagne, le grand Turenne révéla les talentsmilitaires qui devaient l’élever si haut. Mais ces succès ne suffisaient pas à Ri-chelieu. Les drapeaux espagnols flottaient encore dans le Piémont. Il prescrività ses généraux de vaincre encore, et la victoire obéissant à cette inflexible etpuissante volonté, le Montferrat et le Piémont furent complètement délivrésdes armées étrangères.
L’armée de Franche-Comté , sous les ordres du duc de Weymar, gagna labataille de Rheinfeld et s’empara de Brissac. Le digne lieutenant de Gustave-Adolphe mourut après ce succès; mais il avait sous ses ordres un maréchalde France, Guébriant, qui lui succéda dans le commandement de ses troupes etremporta à son tour les deux victoires de Wolfenbuttel et de Kempen (164i).
En Allemagne , Banier et Torstenson, à la tête des Suédois, faisaient égale-ment triompher la politique de Richelieu.
L’armée des côtes d’Espagne remportait des avantages plus décisifs encore;La prise de Salins (1639), d’Elmeen Roussillon (1641), par le prince de Condé;la prise de Constantin en Catalogne par Lamotte-Hodencourt; la défaite qu’ilfait éprouver aux Espagnols devant Taragone (1641) ; la campagne du Rous-sillon par le maréchal de la Meilleraie; l’indépendance de la Catalogne favo-risée par les armes de la France , et dont le maréchal de Brézé est nommévice-roi; enfin, les victoires du Var, de Villefranche, de Lérida , etc.; les succès denosarmées navales surles côtes de la Méditerranée , et la reprise des îles Sainte-Marguerite et Saint-Honoré par l’archevêque de Bordeaux , le vaillant Sourdis*furent des coups terribles et successifs portés à la puissance de l’Espagne .
(1) Le cardinal de Lavalette en mourut de chagrin. Ce prélat, fils du duc d’Épernon , hommed’épée s’il en fut, combattit avec suceès à la tète de nos années. — Le pape Urbain VIII l’avaitmenacé de l’interdire s’il continuait ce métier de sang, si contraire aux lois de l’Église; mais lecardinal brava les foudres du Vatican . Il se fit enterrer la mitre en tête, l’épée au côté, lesbrassards et la cuirasse sur sa chape d’or.