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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

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qui connaissait ce caractère, assurait qu’il ne pouvait y avoir de difficultéspour Gassion, auquel il disait d’une manière obligeante : Pour moi, je fais qrandcas d’un oser, et je sais tout ce qu’il vaut. Ce mot seul peint Gassion, et sa vie enfut une continuelle pratique (t).

Lens tomba au pouvoir des Français; car le maréchal de Rantzau , accou-rant en toute bâte à la nouvelle de la mort de Gassion, vint prendre le rom-mandement à sa place, et, après neuf jours de tranchée ouverte, força la villeà capituler (1647). Mais cetle ville était à peine au pouvoir des Français , queles Espagnols songèrent à la reprendre; l’archiduc Léopold vint en formerle blocus en 1648. La régente et Mazarin portèrent aussitôt leurs regardssur l’Artois; le prince de Condé leur parut seul capable d’arrêter les progrèsd’un ennemi formidable. Condé, qui venait de perdre son nom d’irrésistiblesous les murs de Lérida , s’empressa d’accourir pour venger, sous les murs deLens, son insuccès de la Catalogne . Il n’avait que huit mille hommes d’infan-terie et six mille de cavalerie. Mais on sait quel parti il lirait des plus faiblestroupes, quelle force il savait communiquer à ses soldats. Il divisa son arméeen quatre corps, donna le commandement de l’aile gauche à Grammont, celuidu centre à Châtillon, confia la réserve àd’Erlach , et se réserva le commande-ment de l’aile droite. Ayant ainsi fait ses dispositions, Condé recommanda àses soldats de se regarder marcher les uns les autres, afin de mieux observerles distances et les intervalles; de combattre toujours, infanterie et cavalerie,sur la même ligne ; d’aller à la charge lentement et au petit pas ; enfin, d’es-suyer le premier feu de l’ennemi sans tirer. A la vue de ces préparatifs, quiannonçaient une action générale, l’armée se livra à de grands transports dejoie et d’allégresse. Pour toute harangue, Condé se contenta de dire à ses sol-dats, avant de livrer la bataille : « Mes amis, ayez bon courage; il faut néces-»sairement combattre aujourd’hui. Inutilement on chercherait à reculer, vail-» lants et poltrons, tous se battront, les uns de bonne volonté, les autres par» force. » Celte allocution fut interrompue par mille cris de Vivent le roi et M. lePrince. L’infanterie jetait ses chapeaux en l’air; la cavalerie mit le sabre à lamain, comme pour charger sur-le-champ. Ce mouvement avait pour cause

(1) Fils d’un président au parlement de Tau, sa passion pour le métier des armes fut long-temps traversée. Son père, en consentant à le laisser suivre son génie, lui dit avec chagrin :« Souvenez-vous, mon Gis, de ce que je vous ai tant de fois répété sur la délicatesse du métier» que vous allez faire. Sachez que vous m’aurez pour le plus grand de vos ennemis si vous» manquez de cœur, et que je serai le second de tous ceux que vous pourrez quereller mal à» propos. » Son père, mécontent de sa détermination, ne lui donna aucun argent pour gagnerla Valteline, où il allait servir sous le duc de Itohan ; il n’avait que vingt à trente sols pour sonvoyage, disaient les écrivains contemporains, de manière que dans les routes il mettait ses sou-liers au bout d’un bâton pour ne pas les user. Après la campagne de la Valteline, il s’attachaau duc de Rohan, et passa ensuite au service de .Gustave, dont l’armée était la meilleure écolede l’Europe. Il s’y distingua tellement, qu’il remplit toute l’Allemagne de sa renommée. De re-tour dans sa patrie, il reçut un commandement en Flandre et y trouva à la fois la gloire etla mort.