HISTOIRE DE L’ARMÉE
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furent pas enrégimentés, ils servirent de recrues aux régiments ordinaires.
C’est à cette époque aussi qu’eut lieu l’institution des compagnies d e jeunesgentilhommes ou cadets.
En 1682, dit Daniel, le roi pensa à établir, dans diverses places fron-tières, des écoles militaires pour la jeune noblesse, afin d’y former des offi-ciers au métier de la guerre. On y admettait les jeunes gens de l’âge de qua-torze ans jusqu’à vingt-cinq. — Ces compagnies furent d’abord établies dansles citadelles de Tournay et de Metz . Bientôt le nombre des compagnies futporté à dix, qui furent ainsi distribuées : Tournay, Cambrai , Valenciennes,Charlemont, Longwy, Metz, Strasbourg, Brissac et Besançon .
Les cadets étaient habillés aux frais de l’état et recevaient dix sous par jour.— Il y avait dans chaque compagnie deux maîtres d’armes, un professeur demathématiques, un professeur d’allemand , un professeur de dessin, et unmaître de danse.
Tous les élèves de ces compagnies furent en 1687 placés comme sous-lieu-tenants dans les régiments. Mais l’institution ne dura que dix ans : les fraisqu’entraînaient les établissements, au milieu des grandes guerres de la ligued’Augsbourg, en amenèrent la dissolution.
Cavalerie. — Pendant toute la première période du dix-septième siècle, lacavalerie européenne se composa do cuirassiers et de cavaliers qui, sous diffé-rents noms, formèrent la cavalerie légère. Les régiments allemands se compo-saient de quinze et môme de dix-huit cents chevaux; les régiments français n’avaient jamais plus de six cents combattants.
Les cuirassiers ou gendarmes étaient armés du pistolet et de l’épée qui seportait avec le baudrier. Ces corps n’avaient rien conservé de l’armure desanciennes compagnies d’ordonnance. En 1672, un seul régiment de gendar-merie conservait la cuirasse. Encore, ainsi que le fait observer M. Iiocquencourt,ne paraissait-il exister que pour servir à la tradition des costumes du moyenâge, puisqu’on ne le destinait à aucun service particulier. Les Allemands aucontraire continuèrent à faire usage des anciennes armures.
Au commencement du dix-huitième siècle, Louis XIV fit reprendre la cui-rasse à sa cavalerie, ainsi que Feuquières nous l’apprend. « La cavalerie fran-çaise, dit-il, est maintenant bien armée, on vient de la cuirasser à demi; maisje voudrais la cuirasse à l’épreuve du mousquet par devant, etc. »
La cavalerie française portait l'épée, le pistolet et le mousqueton. Elle de-vint très-nombreuse sous le règne de Louis XIV . Daniel porte le nombre desrégiments de cavalerie légère à soixante.
Les régiments, depuis le commencement du dix-septième siècle, se compo-saient de six à douze compagnies. Chaque compagnie avait un capitaine, unlieutenant, une cornettte, souvent un sous-lieutenant, un maréchal des logis,'deux brigadiers et un trompette. Le régiment était commandé par un mestrede camp, un lieutenant-colonel et un major.
Selon Puységur, dans l’ordre de bataille, les escadrons laissaient entre euxdes intervalles qui étaient du quart environ de l’étendue de leur front. Les