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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

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premiers régiments d’infanterie imitèrent l'exemple du régiment du roi, eteurent à leur tête une compagnie de grenadiers. Dans la suite, tous les régi-ments et enfin tous les bataillons eurent leur compagnie d’élite. Lorsque lesgrenadiers furent réunis en compagnies, ils furent armés de fusils et de baïon-nettes, dont les manches de bois s’enfoncaient dans le canon, de sorte quepour faire feu on était obligé d’enlever la baïonnette. L’invention de la douillefit disparaître ce grave inconvénient. Le chef des grenadiers de l’arméeétait le capitaine de la première compagnie de grenadiers du régiment desgardes. Les hommes les plus vigoureux et les plus braves composaient lesnouvelles compagnies, et le titre de grenadier fut tout d’abord le titre de no-blesse du soldat. «Nos ennemis, dit M. Ambert, savent que les enfants n’ontpas dégénéré des pères, et le petit chapeau déformé du grenadier répu-blicain, et le bonnet à poil à l’aigle menaçante, du vieux grognard, se sont tou-jours trouvés sur le chemin de la gloire et de l’honneur. — Un jour viendrapeut-être où le pompon épanoui de nos jeunes grenadiers se retrempera surles rives du Rhin 1 »

Les quatre grenadiers qu’on enlevait aux compagnies d’infanterie furent, en1670, remplacés par quatre fusiliers, et enfin, quand le fusil fit disparaître lemousquet, le soldat d’infanterie prit le nom général de fusilier.

Quant au mode de formation des troupes, voici quelle était la place habi-tuelle de chacune dans l’ordonnance. Pour l’infanterie :

« Il était prescrit de s’aligner à droite et de conserver entre les bataillonsdes intervalles de cinquante à soixante pas, suivant Daniel, et de trente seule-ment au rapport de Puységur.

» Dans la marche, en bataille et hors de portée de l’ennemi, les lieutenantset sous-lieutenants, la pique à la main, se plaçaient à un pas en avant du pre-mier rang, et les capitaines à deux pas; ils se retournaient de temps en tempspour redresser les alignements et pour rappeler le soldat à son devoir, s’il s’enécartait.

» Comme on ne consultait que l’ancienneté de grade dans cet arrangement,il en résultait que les officiers ne restaient pas sur le front de leurs compa-gnies respectives.

» On devait laisser une certaine distance entre les rangs (Daniel dit deux pas,Puységur douze pieds) ; les files se touchaient sans se gêner.

» Lorsqu’on marchait piques basses à l’ennemi, les capitaines et les autres of-ficiers se serraient sur l’ordonnance, de façon qu’ils eussent la moitié du corpsdans le premier rang, afin d’apercevoir la droite et la gauche du bataillon ; ainsiils n’étaient pas plus dispensés de la génuflexion que le soldat pendant les feux.

» Celui qui commandait le bataillon se plaçait au centre, à un pas en avantdes capitaines; il avait à ses côtés deux officiers et deux sergents choisis, quiservaient en même temps à couvrir les drapeaux, placés en arrière, au premierrang des piques.

» Il y avait ordinairement un sergent aux extrémités de chaque rang; troisofficiers sur la droite et autant sur la gauche achevaient d’encadrer le bataillon.