ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 135
étaient deux ruisseaux, l’un venant de Wagnée et l’autre de Wangenies.
L'armée française s’avança sur cinq colonnes, pour se ranger en batailleentre Velaine et Fleurus . Son artillerie, au centre, était flanquée de chaquecôté d’une colonne de cavalerie et d’une ligne d’infanterie. A huit heures, lesFrançais se déploient dans la plaine, se rangent en bataille. La cavalerie deleur aile gauche se forme la première, ayant sa droite devant le village deFleurus ; l'infanterie vient ensuite, occupant le terrain entre l’aile gauche etLigni ; leur aile droite s’étendait de ce village à Boignies. L’infanterie futrangée sur six de hauteur, la cavalerie sur trois, au centre des bataillonsétaient les piquiers : on conserva entre eux un intervalle égalé leur front.L’infanterie française devait marcher à l'ennemi sans tirer. Le maréchal deLuxembourg avait quarante bataillons et quatre-vingts escadrons, M. deWaldeck autant d’infanterie, mais moins de cavalerie.
M. de Luxembourg vit le flanc gauche des alliés assuré sur un ruisseau etun village, mais il sut que M. de Waldeck n’avait placé aucun corps en ob-servation pour l’avertir des mouvements des Français sur ses derrières. Con-naissant le terrain, il crut pouvoir le tourner, par une route longue if estvrai, mais où il ne pouvait être aperçu que fort tard. Si cette manoeuvreréussissait, l’ennemi, attaqué en tête et en queue, se défendait mal, et étaittoujours obligé, pour se couvrir, de faire des mouvements et des déplace-ments de troupes dangereux au moment d’un combat, où l’on pouvait êtreembarrassé de répondre à une attaque vigoureuse sur son front.
Cette manœuvre devait être décisive. Le prince de Waldeck ayant ré-solu de recevoir bataille sur les hauteurs entre Hépignies et Wagnée, au lieude s’avancer dans la plaine, il profitait alors de tout l’avantage du feu d’uneartillerie formidable au moment où les Français traversaient une plaine dé-couverte. Cette détermination était d’ailleurs conforme à l’irrésolution et aucaractère du prince de Wadeck, qui balançait encore s’il devait se commettreà nombre et armes égales avec M. de Luxembourg . Le premier soin du ma-réchal fut d’occuper sur son front le prince de Waldeck, pour lui dérober laconnaissance du mouvement de la cavalerie de son aile droite. Six bataillonss’établissent à Fleurus , la cavalerie de l’aile gaucheavance des deux côtés dece village; elle se tient prête à charger au moment où le centre et la gauchedonneront. Les Français , en arrivant, essuient un feu violent; pour y ré-pondre, M. Dumetz, commandant l’artillerie, fait placer trente pièces de ca-non couronnant les hauteurs au-dessus de Fleurus jusqu’aux haies du villagede Saint-Amand. Cette artillerie marche à la tête des Français jusqu’au mo-ment où ils sont près de combattre.
Tout annonçait une vigoureuse attaque sur le front; un développement deforces aussi imposantes devait faire croire que M. de Luxembourg y employaittous ses moyens. Cependant il avait laissé à ses lieutenants cette attaque di-recte, tandis qu’il marchait lui-même avec vivacité sur sa droite, traversaità Ligni le ruisseau de ce nom, s’avançait jusqu’à l’arbre des Trois-Burettessur la grande chaussée. Sa cavalerie, tournant alors un terrain marécageux,