ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. i;,;,
aile gauche, composée d’Anglais et de Hollandais sous les ordres du duc deMarlborough, était appuyée au Danube ; son aile droite, composée d’Alle-mands, sous les ordres du prince Eugène, était appuyée à un petit bois assezépais et assez étendu pour cacher jusqu’à un certain point ses mouvements.Le grand chemin de Nordlingen se déroulait derrière l’aile droite et s’enfon-çait vers le nord.
Le 13, vers six heures du matin, M. de Tallard fut prévenu qu’on aperce-vait quelque mouvement dans l’armée ennemie. M. de Tallard monta aussitôtà cheval, s’avança entre les deux villages; mais les haies et les broussaillesdont le terrain intermédiaire était semé cachaient presque entièrement lecorps d’armée du duc de Marlborough ; celui du prince Eugène seul étaitvisible, encore sa droite était-elle masquée par le bois dont nous avons parlé.
Au premier abord, M. de Tallard, qui ne croyait pas au désir des générauxennemis de lui livrer bataille, ne vit dans la disposition d’une partie de leurcavalerie qu’ils poussaient vers leur droite, qu’un corps destiné à couvrir laretraite de l’armée vers Nordlingen . Mais bientôt, ayant appris que la droitefaisait un mouvement pour se rapprocher du fleuve, il reconnut son erreur,et ordonna d’occuper le village de Bleinheim, au-devant duquel il avait faitétablir deux batteries de canon, l’une de quatre, l’autre de huit pièces. Lemême ordre fut donné pour le village de Bolstat.
Le village de Bleinheim était entouré de tous côtés de vergers fermés parde fortes palissades; il y avait, dans ce village, un cimetière et un petit châ-teau, ce qui en faisait un bon poste d’infanterie ; on jeta quatre régimentsde dragons dans les vergers. La première ligne d’infanterie du maréchal deTallard se posta derrière le village, afin d’être à portée d’y entrer au besoin.
Cependant, le prince Eugène et le duc de Marlborough avaient jeté les yeuxsur notre ligne de bataille, et avaient aussitôt reconnu sa défectuosité. D’a-bord, elle était trop éloignée du ruisseau pour s’opposer à son passage; en-suite, MM. de Tallard et de Marsin, tout en abritant le centre des deux arméesderrière les villages de Bleinheim et de Bolstat, qui leur servaient de redoutesavancées, avaient laissé leur centre commun à découvert, dans l’espace com-pris entre ces deux villages; or, comme ces deux villages étaient à plus d’unquart de lieue l’un de l’autre, une puissante colonne d’infanterie pouvaitpasser entre eux, sans être incommodée de leurs feux; cette colonne, soutenuepar de la cavalerie, enfoncerait facilement la cavalerie française et bavaroise,qui formait le centre; et, cette cavalerie enfoncée, la ligne de bataille setrouverait rompue par le milieu sans pouvoir se rejoindre, et les deux corpsd’infanterie isolés dans les deux villages deviendraient inutiles.
A huit heures du matin, l’ennemi fit passer le ruisseau vers son extrêmedroite, et par conséquent vers notre extrême gauche, à la cavalerie qu’il avaitamassée dans le petit bois, et que le maréchal de Tallard avait crue destinéeà couvrir sa retraite. Cette cavalerie, qui passa sans empêchement, se mitaussitôt en bataille sur le terrain dont elle venait de s’emparer, et chargeanotre gauche; mais trois bataillons, s’étant détachés du centre, se jetèrent en