ET DE TOUS LES P.ÉGIMENTS. 211
henkirch.de Maxen et de Landshut ; 4° les maivaises directions données à sesdeux invasions de la Bohême et de la Moravie . Mais ces fautes sont éclipséespar les grandes actions, les belles manœuvres, les résolutions hardies quilui ont valu de sortir victorieux d’une lutte aussi disproportionnée. Il a étégrand surtout dans les moments les plus critiques ; c’est le plus bel élogequ’on puisse faire de son caractère; mais tout prouve qu’il n’eût pas résistéune campagne à la France, à l’Autriche et à la Russie , si ces puissanceseussent agi de bonne foi; qu’il n’eût pas pu faire deux campagnes contrel’Autriche et la Russie, si le cabinet de Saint-Pétersbourg avait permis queses armées hivernassent sur le champ d’opérations. Le merveilleux de laguerre de Sept Ans disparaît donc; mais ce qui est réel justifie cette répu-tation dont a joui l’armée prussienne pendant les cinquante dernières an-nées du siècle passé, et consolide, au lieu d’ébranler, la grande réputationmilitaire de Frédéric.»
Après cette page remarquable de critique historique, qui fait connaîtrel’ensemble de cette guerre de Sept Ans, il nous reste à résumer les opéra-tions de l’armée française .
Nous avons vu que Louis XV , pour se venger des ravages causés dansnos colonies du Canada par les flottes anglaises, avait levé une armée quidevait se porter dans l’électorat de Hanovre ; en môme temps il avait pré-paré une flotte puissante et annoncé le projet d’une descente en Angleterre.Georges II , pour faire face à cet orage, appela à son aide des Hanovriens etdes Hessois, et Londres se vit bientôt inondée de soldats étrangers, ce quine lui était jamais arrivé, même au temps où Élisabeth, ayant l’Irlande àcontenir, l’Écosse à combattre, bravait les Armada de Philippe II, roi d’Es-pagne .
Quoi qu’il en soit, le gouvernement anglais avait pris le change sur lesprojets de la France ; mais pendant qu’il croyait ses généraux' occupéssur les dunes de Calais ou de Boulogne à étudier, à préparer les moyensd’une descente sur ses côtes, une flotte française, sous les ordres du marquisde la Galissonnière, faisait voile pour les îles Minorque , ce fruit de tant dedépenses prodiguées dans l’ancienne guerre de la succession d’Espagne . LesAnglais avaient pris à cette époque Minorque sur l’Espagne . La possessionde cette conquête leur avait été assurée par plusieurs traités ; elle leur étaitplus importante encore que Gibraltar , qui n’est point un port, et leur don-nait l’empire de la Méditerranée.
Le 9 avril 1756, la flotte française, forte de douze vaisseaux de premierrang et de quelques frégates, portant vingt bataillons, l’élite de l’armée,sous les ordres du duc de Richelieu, commandant en chef de l’expédition,parut dans la Méditerranée, arriva le 18 en vue de l’île, et manœuvra demanière à pouvoir gagner la plage du sud, en doublant le cap Biaoli, pours’approcher de Ciuta-Della. Comme on était persuadé que les Anglais s’oppo-seraient au débarquement, la flotte se rangea en bataille; mais, aucun prépa-ratif de défense n’étant signalé, le chevalier de Redmond , brigadier et maré-