ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 229
des forces si supérieures, qu’il cingla promptement sur New-York pour ré-parer ses vaisseaux. Washington dirigea alors l’armée de terre vers la Vir-ginie ; il arriva le 14 septembre à Williamsbourg. Son premier soin fut de seconcerter avec l’amiral de Grasse, afin de commencer à agir énergiquement.Ce fut sur les rives de la rivière d’York qu’eurent lieu les opérations les plusdécisives. Un mot sur la topograpliio des lieux. La rivière d’York forme,avec celle de James, une large péninsule dont cette partie n’a que huit millesde largeur. York-Town n’est qu’une bourgade située au bord méridional dela rivière, qui est très-large, et sur laquelle un vaisseau peut faire voile sû-rement. Les bords de la rivière d’York sont très-élevés du côté du sud. Unpetit corps d’artillerie de la Virginie, anciennement posté vers ce point,avait élevé quelques batteries en face de la rivière. Sur la rive opposée estla pointe de Glocester, qui, se prolongeant dans la rivière, en resserre telle-ment le lit, que sa largeur n’est plus que d’un mille. Ces deux positions fu-rent occupées par lord Cornwallis , qui ne négligea rien pour s’y fortifier. Desbatteries, et quelques vaisseaux de ligne qu’elles mettaient à couvert, com-mandaient la communication. Son corps d’armée était campé autour deYork-Town, derrière une suite de redoutes et d’ouvrages construits pour do-miner la péninsule et empêcher l’approche des assaillants. Le colonel Tar-leton garda la pointe de Glocester avec un détachement d’environ 600 hom-mes. La brigade de Lauzun et un détachement des milices furent destinés àsurveiller les mouvements des Anglais sur ce point, tandis que le gros del’armée américaine s’avança, le 28, vers York-Town. L’aile droite, composéed’Américains , s’étendit et occupa le terrain à l’est de Beawer-Dane ; l’ailegauche, formée de Français , se porta àl’ouest de cette crique. Pendant la nuit,Cornwallis se retira dans ses lignes intérieures, et les ouvrages qu’il venaitd’évacuer se trouvèrent au pouvoir des assiégeants. On attribua ce mouve-ment à une lettre écrite par le général Clinton, qui annonçait à Cornwallis que l’on allait embarquer plus de cinq mille hommes pour marcher à sonsecours, et que l’on ferait les plus grands efforts pour le délivrer. Lorsqueles Américains approchèrent des lignes anglaises, il y eut une escarmouchequi ne se termina pas à l’avantage des troupes britanniques; elles se tinrentdans leurs retranchements. L’armée des assiégeants fut occupée jusqu’au6 octobre au débarquement de l’artillerie et des munitions qu’elle amenadans son camp. On commença alors à lirer la première parallèle à trois centstoises des lignes ennemies. Cette opération se fit avec un tel silence, que lagarnison d’York-Town ne s’aperçut qu’au jour de ces travaux; mais comme lestranchées pouvaient couvrir les travailleurs, la perte fut peu considérable.On construisit pendant la nuit des redoutes qui furent aussitôt armées decanons. L’effet de ces batteries fut tel, que plusieurs canons des assiégés fu-rent démontés et leurs ouvrages détruits. Dès le lendemain, foudroyés par denouvelles batteries, les Anglais retirèrent leurs canons de leurs embrasures,et purent à peine répondre une fois à ce terrible feu. Les boulets rouges et lesbombes lancés par les assiégeants atteignirent les vaisseaux mouillés dans le