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Tome second.
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200 HISTOIRE DE L’ARMÉE

port, et consumèrent dans la journée le vaisseau ie Chmrm de quarante-quatre, et trois navires de transport; L’émulation de gloire qui existait entreles Français et les Américains fit pousser les travaux avec une rapidité saiisexemple. Durant ce temps, les assiégés, ayant ouvert de nouvelles embra-sures, firent un feu des plus vifs. Les travailleurs étaient fatigués dans lestranchées par l’artillerie de deux redoutes élevées à cent cinquante toises enavant des ouvrages des Anglais , et elles enfilaient les parallèles des assié-geants. Le mal qu’elles faisaient chaque jour rendait plus urgente la néces-sité de s’en rendre maître: on se prépara à les enlever d’assaut. Pour préve-nir to ut sujet de jalousie entre les deux nations ( l’attâque de l’une fut Confiéeaux Américains, et l’autre aux Français . Le marquis de Lafayette cotnmandales premiers : son détachement, composé d’infanterie légère, devaitagir contrela redoute placée à la gauche des ouvrages ennemis sur le bord delà rivière.Le baron de Yioménil conduisit les chasseurs et les grenadiers frahpais surl'autre redoute qui s’approchait le plus de leurs lignes, et se trouvait vers ladroite des Anglais . Le 14 septembre, vers la fin du jour, ces deux corpss’avancèrent, rivalisant d’intrépidité et de gloire. Le colonel llamilton at-taqua la redoute deFerret, tandis que le colonel Laurent, à la tête dé 80hommes, entourait cet ouvrage. Ces braves soldats ne tirèrent pas un colipde fusil, et ne donnèrent pas moins le temps aux sapeurs d’écarter lésabattis et de renverser les palissades. Ils s’élancèrent impétueusemeut, fran-, chirent tous les obstacles, et s’emparèrent vivement de ce poste, occupé parun détachement anglais. Là redoute attaquée par les Français était défen-due par un détachement plus considérable; elle opposa plus de résistance,mais elle fut également enlevée par les braves de Yioménil. Dès le lendemain,une seconde parallèle enveloppa ces deux redoutes, et on y plaça deux obusiersqui jouèrent contre la place. La situation de lord Cornvvallis devenait dés-espérée : de tous côtés les ouvrages cédaient au feu des assiégeants, et leursbatteries démontaient ou faisaient taire les siennes. Tout annonçait qu’enpeu de temps la place ne serait plus tenable.

Pour retarder cette catastrophe, Cornwalis résolut de faire une sortie vi-goureuse et d’attaquer ces deux nouvelles batteries, gardées par les troupesfrançaises. Cent cinquante Anglais , destinés à cette opération, assaillirentavec succès ces deux batteries, qu’ils enlevèrent sans une grande perte ; maisles gardes des tranchées s’était avancées, les assiégés se retirèrent à lahâte, et les pièces qu’ils avaient enclouées furent bientôt en état de servir.Dès quatre heures après midi, les assiégeants firent jouer plusieurs batteriesde leur seconde parallèle; les ouvrages des assiégés étaient en ruine de touscôtés et paraissaient peu susceptibles de soutenir un feu si violent. A peineles Anglais pouvaient-ils mener un seul canon ; ils n’avaient plus que desbombes. Dans celte extrémité, le général anglais conçut le hardi projet des’échapper par terre avec la plus grande partie de son armée. Il résolut dé•laisser ses malades et ses bagages en arrière, de passer sur la pointe deClocester pendant la nuit, et d’attaquer M. de Choisi. 11 s’agissait, après