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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 231

avoir taillé en pièces et dispersé ses troupes, de faire monter l’infanterie an-glaise sur les chevaux qu’il aurait enlevés aux Français , et sur ceux qu’il au-rait pu trouver sur sa route. Il aurait gagné le gué des grandes rivières, il eûttraversé le Maryland, la Pensylvanie et le Jersey, pour opérer sa réunionavec l’armée de New-York .

L’exécution de ce projet était presque impraticable. Cependant, les ba-teaux rassemblés sous divers prétextes furent tenus prêts pour transporterles troupes de l’autre côté de la rivière ; un orage survenu empêcha de con-tinuer les embarquements. Les Américains augmentèrent, le 17, le nombrede leurs batteries dans la seconde parallèle, et il ne fut plus possible auxAnglais d’y résister. La garnison ne trouva plus d’abri ni dans ses lignes,ni derrière aucune partie de ses murailles. Cornwaliis, se voyant dans l’im-possibilité de tenir davantage, demanda, à dix heures du matin, une sus-pension d’armes de vingt-quatre heures. Comme il importait à Washington de ne pas perdre une minute, dans la crainte qu’il n’arrivàt des secoursaux assiégés, il exigea que le général anglais rédigeât sur-le-champ un projetde capitulation, et il ne lui accorda que trois heures pour le signer et l’exé-cuter. Ainsi 7,000 Anglais déposèrent les armes devant l’armée américaine;ils abandonnèrent York-Town et Glocester, avec leur artillerie, leur caissemilitaire, leurs munitions, leurs vaisseaux et leurs équipages.

La nouvelle delà prise de cette armée produisit dans les États-Unis unejoie indicible ; on se félicitait hautement de ce succès, qui assurait â ja-mais l’indépendance américaine. Le congrès vota des remerclments à l’arméeet ordonna l’érection d’une colonne où serait gravée une inscription portantque lord Cornwaliis, commandant une armée anglaise , s'était rendu au gé-néral Wasingthon, commandant en chef les troupes combinées de l’Amé-rique et de la France, et au comte de Grasse , commandant les forces navalesdans la baie de Chesapeack.

Après la prise d’York-Town, il ne restait plus aux Anglais dans les États-Unis que les trois villes de Charles-Town, New-York et Savanah. L’exten-sion qu’avait prise la guerre, en les forçant à diviser leurs forces militaireset maritimes, ne leur permettait plus d’espérer la soumission des provinces ré-voltées. L’existence de la république américaine était dès lors assurée, et letraité de Versailles ne tarda pas à la reconnaître solennellement. Mais avantde terminer cet aperçu de la guerre de l’Indépendance, il est nécessaire pourl’intelligence des événements que nous allons rapporter, de résumer l’en-semble des opérations qui eurent lieu en Afrique, dans les Indes et sur di-vers points du continent, et qui ne furent pas sans gloire pour la France .

Événements maritimes (1778-1781). — L’Angleterre frémit de rage enapprenant que la France avait appareillé de puissantes escadres de guerredans ses ports. Celle qui, sous les ordres du comte d’Estaing, devait allercrsiser vers les côtes de la Nouvelle-Angleterre , n’était pas encore sor-tie du port de Toulon , que les amiraux Parker et Byron avaient reçu l’ordrede la poursuivre, de la combattre et de la détruire. En même temps, l’a-