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Tome second.
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ET DE TOUS LES KEUIMENTS.

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seul, et sans suite, auprès du maréchal de camp de Sombreuil, gouverneurdes Invalides, et lui renouvela la demande faite au nom de la ville. Le véné-rable gouverneur répondit : Les devoirs de ma place me prescrivaient, danstous les temps , la loi de ne point obtempérer à la demande de la ville, et dans cemoment des ordres particidiers et très-positifs m'imposent des devoirs plus ri-goureux, Le magistrat repartit : Monsieur le gouverneur, je suis encore chargéde vous inviter à me donner votre réponse par écrit. M. de Sombreuil de-manda quelques instants pour en délibérer avec son état-major. La délibé-ration se prolongeait, le peuple attendait autour de l’hôtel. Il s’impatienta deces longueurs, franchit les fossés, escalada les grilles,et en un clin d'œil futmaître des portes. Les vieux invalides qui veillaient! mèche allumée prèsde leurs pièces en batterie n’osèrent ou ne voulurent point tirer sur le peu-ple; ils se mêlèrent dans ses rangs et dirigèrent les recherches. On trouvasous les voûtes du dôme 28,000 fusils qui furent aussitôt distribués. Les tam-bours et les drapeaux furent également enlevés, et ceux oui n’avaient pointde fusils se précipitèrent sur les canons.

Les historiens, en blâmant la conduite des invalides qui se laissèrent désar-mer sans résistance, n’ont pas assez fait la part des circonstances. Pourquoides soldats âgés, caducs, mal armés, eussent-ils couru les hasards d’une ba-taille quand ils savaient qu’une armée de 00,000 hommes n’osait ou ne vou-lait pas le faire? Et puis, comment quelques centaines d’hommes auraient-ilspu résister à une population entière si énergiquement résolue? La prise dela Bastille qui eut lieu le lendemain prouve que cette résistance eût été vaineet n’eût servi qu’à faire verser inutilement le sang français. Quoi qu’il en soit,ces événements divers accomplis en présence d’une armée imposante qui nefait pas un mouvement pour s’y opposer, confirment cette opinion que lestroupes françaises avaient prononcé la déchéance du roi avant la nation elle-même.

Quand la nouvelle de la prise de la Bastille fut connue à Versailles , la courtomba dans un abattement extrême. Le maréchal de Broglie, dont la veilleon avait négligé les avis, fut appelé pour donner son opinion sur l’esprit del’armée et sur les moyens à prendre. Le vieux maréchal, après avoir blâmé _les projets des conseillers du roi, ajouta : « Sire, si vos jours sont menacés,

» je jure au nom de ces mêmes soldats dont le bras ne se lèverait point contre» des citoyens injustement provoqués, je jure que tous vous feront un rem-» part de leur corps. Osez vous confier à notre courage. » Et profitant decette circonstance, il représenta au roi qu’il avait perdu l’affection de l’arméeen adoptant et en faisant exécuter deux ordonnances, dont l’une était hor-rible et l’autre ridicule : celle des coups de plat de sabre et celle de la créa-tion d’un conseil de la guerre, ramas de faiseurs qui fatiguaient l’armée. Il luifit approuver la suppression de ces deux ordonnances. Ces mesures prisesdeux ans plus tôt eussent pu opérer une réaction salutaire dans l’esprit destroupes; mais leurs humiliations étaient trop récentes; elles avaient été tropmultipliées pour qu’il fût possible d’en effacer le souvenir. Le conseil de laguerre avait fait au roi trop d’ennemis pour qu’un acte arraché par la force