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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 2S1

garde nationale, Lafayette, n'avait-il pas proclamé lui-méme que Vinsurrec-tion est le plus saint des devoirs? et Marat n'écrivit-il pas qu’on ne pouvaitsauver la nation qu’en massacrant,les généraux? De tels principes portèrentbientôt leur fruit : la discipline disparut; les soldats renvoyèrent leurs chefs,imitant la licence des troupes prétoriennes du Bas-Empire, et ébranlèrentjusque dans sa base la constitution naissante.

La première, la plus violente sédition militaire, éclata à Nancy . Voici àquelle occasion : Un caporal du régiment de Forez, qui avait travaillé quelquetemps au bureau de son major, instruisit les soldats de l’usage qu’on faisaitdes masses noires ; et ayant demandé à ses camarades s’ils le soutiendraientdans le cas où il défendrait leurs intérêts, ceux-ci lui donnèrent leur parole.Il se rendit chez le major. Sur sa proposition de restituer les fonds aux sol-dats, qui s’élevaient, selon lui, à 122,000 fr., le major le fit mettre aux fers.Ses camarades le délivrèrent, et les officiers supérieurs lui offrirent son congéet 10,000 fr. s’il consentait à s’éloigner : le caporal refusa, et insista sur laréparation qui était due au régiment.

Beauce et Normandie imitèrent l’exemple de Forez : ils mirent des faction-naires aux portes des officiers supérieurs, et les obligèrent à compter. LaAlarme en fit autant : elle nomma soixante-cinq personnes pour faire l’exa-men de ses prétentions, qui ne s’élevaient pas à moins de deux millions.

Les soldats du régiment du Roi forcèrent aussi leurs officiers à leur rendrecompte des retenues qu’on leur avait faites. Châteauvieux (régiment suisse )voulut en faire autant. Les officiers refusèrent et méconnurent leurs ordres.Secondés par les habitants, ils s’emparèrent de la place. Le marquis de Bouillé,chargé de faire rentrerons le devoir cette garnison rebelle, raconte ainsicet événement : a Sur les deux heures, j’étais à une lieue et demie de Nancy .Là, je trouvai une députation. Les soldats avaient forcé leurs officiers de lesaccompagner. Je fis à ces officiers la même réponse qu’aux premiers; je leurrépétai que, préliminairement, j’exigeais la délivrance des deux officiersgénéraux et le départ à l’instant des trois régiments, pour aller attendre,dans l’endroit que je leur désignerais, l’exécution du décret et mes ordres ul-térieurs. Je leur dis, de plus, qu’il fallait remettre entre mes mains quatrehommes par régiment, que j’enverrais sous escorte pour être jugés par l’as-semblée nationale; et enfin j’ordonnai au peuple de rentrer dans le devoir etde se soumettre aux lois. Les officiers et les députés demandèrent une heurepour examiner mes propositions. Je la leur accordai. Le délai demandé étantexpiré, sur les quatre heures j’ordonnai à mon avant-garde de s’approcherdes murs de la ville : les portes étaient défendues par des troupes, des habi-tants en armes et par plusieurs pièces de canon. On m’annonça bientôt aprèsune troisième députation, accompagnée de plusieurs membres des corps ad-ministratifs et de quelques principaux officiers de la garnison. Ayant donnél’ordre à mes troupes de faire halte à trente pas de l’une des portes, j’allaiparler aux députés qui étaient sortis de la ville par une autre porte, et ilsm’assurèrent que je serais entièrement obéi; que les régiments se dispo-