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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 278

tion si grande par la rencontre de Valmy, agissait avec une irrésolution qui pa-ralysait toutes les manœuvres de Dumouriez. Kellermann , capacité militaire dedeuxième ordre, général brave, heureux plus qu’habile, devait être une preuvede plus de ce que peuvent les hasards de la guerre pour la fortune de quel-ques hommes. La bataille de Valmy , dont on lui a fait tant d’honneur, n’estaprès tout qu’une insignifiante canonnade, dont on n’eût pas parlé quelquesannées plus tard, et qui dans cette circonstance devint un immense événe-ment par la retraite des Prussiens. Ce général, disons-nous, après de longueshésitations, put parvenir enfin à opérer sa jonction avec l’armée de Dumou-riez ; c’était le 19 septembre. Il prit position à la gauche de Breaux-Sainte-Co-hière ; mais ne jugeant pas le poste convenable, il passa l’Auve dans la nuit,se porta sur Valmy et négligea les hauteurs de Gizaucourt qui formaient lagauche du camp de Sainte-Menehould et dominaient celles de la Lune sur les-quelles arrivaient les Prussiens.

On ne sait trop ce qui se passa au sujet de ce changement de champ debataille. Quoi qu’il en soit, Kellermann y établit son armée et fit tendre sestentes.

L’armée prussienne, après l’abandon du camp de Grandpré par Dumouriez ,s’était avancée en Champagne , le 19 elle bivouaquait à Sommetourbe sur leprolongement des montagnes de la Lune. Le roi Fréderic-Guillaume, ayantappris les manœuvres des deux corps de l’armée française, s’imagina que lesgénéraux, sentant le danger de leur position, avaient résolu d’en sortir et degagner Châlons . Les Prussiens étaient joyeux, dit-on, de trouver réunis lesdeux corps d’armées, afin de pouvoir les enlever d’un seul coup. Leur butétait de se rendre maîtres de la route de Châlons, de se porter à Vitry , de forcerDillon aux Islettes, d’entourer ainsi Sainte-Menehould de toute part et d’obligerles deux généraux Kellermann et Dumouriez à déposer les armes.

Le 20 à 6 heures du matin l’avant-garde prussienne marcha par sa droitesur Sommetourbe; le brouillard était fort épais. A Hans, sur la route de Châ-lons elle rencontra l’avant-garde de Kellermann, commandée par le généralDesprez-Crassier, qui se replia après une légère escarmouche ; mais Keller-mann renforça son arrière-garde et la fit soutenir par les carabiniers du gé-néral Valence. Celui-ci, pour faire croire à l’ennemi que le plateau de Gi-zaucourt était fortement occupé, se déploya sur une seule ligne en avant dece village. En ce moment le brouillard était tombé, les Prussiens purentapercevoir les troupes rangées en bataille, et celte manœuvre leur imposa ;ils n’osèrent tourner la gauche de Kellermann comme ils auraient pu lefaire.

Dumouriez , de son côté, sentant l’importance qu’il y avait à faire occuper laposition de Gizaucourt, y fit marcher aussitôt 1e général Chazot avec 9 ba-taillons et 8 escadrons. Mais ce renfort arriva après coup.

Kellermann, pendant ce temps, se formait sur les hauteurs, sa droite auvillage de Valmy, sa gauche se prolongeant vers l’Auve. Stengel fut détachédu côté de l’Hyron pour couvrir la droite, et Beurnonville pour le soutenir se