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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

bataillons, moins intrépides pour attendre immobiles que pour courir au-devant de la mort, commençaient à se désunir et à se former en pelotonsconfus, indice et prélude ordinaire de la fuite. Dumouriez , l’épée à la main,guidait de l’œil, du geste et de la voix la tète des premiers bataillons dedroite. Quitter les troupes d’élite qu’enthousiasmait sa présence en momentoù elles abordaient la première redoute, c’était les entraîner en arrière aveclui. Il envoie le jeune Baptiste Renard, son domestique, s’informer du dé-sordre qu’il aperçoit. L’intrépide Baptiste traverse au galop l’espace qui sé-pare la division de Dumouriez du bois de Flence. Il rallie en passant la cava-lerie française, la lance au secours de la colonne rompue. Déjà ces escadrons,débordant dans la plaine, semaient la confusion et la terreur sur le derrièrede nos colonnes d’attaque. La brigade entière du général Drouin, coupée,sabrée, se dispersait. Clairfayt, du sommet de sa position, d’où il dominaittoutes nos attaques, voit l’immense reflux que la brigade de Drouin en sedébandant opère dans la plaine. Il y jette en masse toute sa cavalerie. Cechoc,.terrible pour des bataillons novices, les coupe, les dissémine, les faitflotter en tronçons épars jusqu’à leur première ligne.

«C’en était fait du centré, entraîné bientôt tout entier de proche en prochedans ce courant de terreur et de confusion, quand le duc de Chartres , quicombattait en avant, se tourne et voit à sa gauche cette déroute de ses ba-taillons. A l’instant, tournant la tête de son cheval déjà blessé à la crouped’un éclat d’obus, il s’élance, le sabre à la main, suivi de son frère le duc deMontpensier, et d’un groupe de ses aides de camp, à travers les hussards en-nemis. Il traverse la plaine en se faisant jour à coups de pistolet, il arriveau plus épais de la mêlée, au milieu des lambeaux des brigades en retraite.

« La voix du jeune général, l’élan de la victoire qui respire sur les physio-nomies du petit groupe qui l’accompagne, la voix martiale du duc de Chartres ,la poudre et le sang qui sillonnent le visage du duc de Montpensier, les sup-plications des officiers qui se jettent l’épée à la main sur le derrière de leurscompagnies, défiai.t leurs soldats de leur passer sur le corps, suspendent ladéroute, et fixent autour de l’état-major du jeune prince un noyau de volon-taires de tous les bataillons. Il les rallie à la bâte, il les encourage, les en-traîne. « Vous vous appellerez, leur crie-t-il, le bataillon de Jemmapes, et« demain le bataillon de la victoire, car c’est vous qui la tenez dans vos rangs!»U fait placer au milieu de ce corps les cinq drapeaux en faisceaux des cinqbataillons rompus dont cette colonne réunit les débris. Il l’enlève aux crisde Vive la république! il la fait soutenir en traversant de nouveau la plainepar une charge désespérée de toute la cavalerie du centre contre les esca-drons autrichiens. »

Ici nous abandonnons le récit de l’auteur, qui est en désaccord avec nosidées sur les opérations décisives de la bataille. L’action du duc de Chartres rétablit le combat sur ce point. Clairfayt résiste avec une fermeté héroïque,mais, pris en flanc et menacé de front, il est forcé de se retirer à la hâte pourn’ê.tre pas enveloppé.