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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

« 4° Chacune de ces armées aura un état-major particulier. Une réserve de6,000 hommes, dont 2,000 dragons, sera formée pour la garde des côtes deBretagne . »

En attendant, on entra en campagne avec 270,000 hommes, seulement.Suivons les opérations de chacune des armées.

Armée du Nord. — 1793. — L’armée, aux ordres de Dumouriez , s’élevaità environ 124,000 hommes, dont 30,000 sur l’Escaut, 70,000 sur la Meuse ,et le reste dans les Ardennes. C’était la véritable armée de la France , et lebut qu'on lui désignait était la conquête de la Hollande. Les troupes dugénéral français se mirent en mouvement le 17 février, et pénétrèrent dans leterritoire hollandais, où elles s’établirent dans des cantonnements très-serrés,de Berg-op-Zoom à Breda. Dumouriez recommanda à ses généraux Valenceet Miranda de hâter les sièges de Maestricht et de Vanloo pendant qu’il pé-nétrerait en Hollande . Par suite de ses dispositions, il enleva le fort deKlundert, s’empara de Breda , de Gertruydemberg, et arriva jusque sur leBieblos, où il établit son camp. Ce camp, jeté sur les bords de la merautour de deux anses, entourées de canaux, fut couvert par nos soldats dehuttes en paille alignées sur les dunes, ce qui lui Ht donner le nom de campdes Castors.

Mais pendant que Dumouriez préparait un débarquement en Hollande, sesgénéraux éprouvaient des revers en Belgique ; 260,000 mille hommes s'avan-çaient depuis le Haut-Rhin jusqu’en Hollande. Le plan des alliés était dechasser les Français de la Belgique , en rejetant l’armée républicaine sur larive gauche de la Meuse, afin de dégager d’abord Maestricht , et ensuite del’arrêter sur la Meuse jusqu’à ce que la place de Mayence eût été reprise.Après quoi l’armée impériale devait s’emparer des Pays-Bas. Le prince de Co-bourg , général assez médiocre, mais qui jouissait alors d’une grande répu-tation, car il venait de partager avec Souwarow la gloire des batailles deFoczani et de Riminsk, livrées contre les Turcs, était chargé de l’exécutionde ce plan. Il y avait beaucoup de ressemblance entre l’incertitude et la mol-lesse de caractère du prince de Cobourg et du duc de Brunswick, et Dumouriez eût pu s'immortaliser sur la Meuse et le Rhin , comme il l’avait fait dans l’Ar-gonne et à Jemmapes; mais il fallait agir avec ensemble et énergie. Dumou-riez fit le contraire. Mécontent du gouvernement, plein d’idées ambitieuseset trop confiant dans l’esprit de ses troupes, il négocia au lieu d’agir, formades projets de royauté en faveur du duc de Chartres , rêva pour lui un gou-vernement indépendant en Belgique , menaça la Convention, et se crut assezfort pour faire rétrograder la révolution. Le prince de Saxe-Cobourg , touten accueillant les négociations, franchit la Roër sur deux colonnes; surpritdans leurs retranchements les généraux Valence et Miranda, fit lever le siègede Maestricht, et menaça le général Dumouriez lui-même dans sa retraite;celui-ci accourut en toute hâte pour rejoindre ses troupes désorganisées, etqui avaient eu bien de la peine à se rallier à Tirlemont . A peine eut-il rejointl’armée du Nord qu’il voulut reprendre l'offensive pour rendre la confiance