ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 317
aux soldats. 11 jeta un corps pour garder la Campine , et lier ses opérationsavec les derrières de l’armée hasardée en Hollande. L’ennemi, après avoirdélivré Mastricht, avait occupé tout le cours de la Meuse, depuis Liège jus-qu’à cette ville, et avait fait garder Tirlemont . 11 fit reprendre cette ville, ets’empara de Goidsenhowen entre les deux Gettes. Un sanglant combat, tout àl’avantage de nos troupes, fut livré dans cette position, et les ennemis re-poussés allèrent s’établir entre les villages de Neerlanden, Landen , Neerwin-den, Overwinden et Racour. Les Français se placèrent dans les villages situésà la gauche de la petite Gette, qui devint la ligne de séparation des deuxarmées.
Une grande bataille allait être livrée. Dumouriez sentait qu’il fallait releverl’élan des troupes par une action éclatante; c’était le seul moyen de conserverla Belgique , car avec des troupes aussi peu disciplinées, il y avait du dangerà faire une guerre trop méthodique.
Le général en chef divisa son armée en huit colonnes : les trois premières(généraux Lamarche, Leveneur et Neuilly ), dirigées par Valence, devaientattaquer la gauche de l’ennemi; Miranda, avec trois autres colonnes (géné-raux Mackinzi, Ruault et Ghampmorin), avait l’ordre d’attaquer sa droite;enfin, le duc de Chartres , avec deux autres généraux (Dietman et Dampierre)devait effectuer l’attaque du centre.
Le plan du général français était, en abordant l’ennemi par la droite, dele culbuter successivement par un pivotement sur la gauche, appuyé au postefortifié de Leaw, dont Champmorin devait s’emparer, et par ce mouvementse porter sur Saint-Tron, et rejeter les Autrichiens sur Tongres .
Ces dispositions furent arrêtées le -17 mars. Le 18, dès neuf heures du ma-tin, l’action s’engagea; elle fut longue, acharnée, meurtrière. Nos colonnes,au centre et à la droite, accomplirent victorieusement leur mouvement. Levillage de Nenvinden, pris deux fois par les Français , deux fois repris parles ennemis, fut repris pour la troisième fois par Dumouriez . La cavaleriefrançaise, commandée par le général Valence, qui avait été blessé à sa tête,et ensuite par le duc de Chartres , avait repoussé énergiquement la cavaleriede l’Empire. L’infanterie avait montré aussi une rare intrépidité, mais l’ineptegénéral Miranda, à la gauche, avait été battu sur tous les points, rejetéau delà de la Gette, et s’était replié en désordre jusqu’à Tirlemont . Dès lorsDumouriez dut songer à la retraite, qui s'opéra avec un ordre admirable, etoù le duc de Chartres , chargé de faire retirer l’aile droite et la moitié ducentre, fit encore une fois preuve d’un rare courage et d’un grand talent mi-litaire. C’est à la suite de cette défaite que Dumouriez , en proie à la haineviolente des Jacobins, à toute sorte de sentiments contraires, et à des idéesde contre-révolution, entra ouvertement en relation avec les ennemis; maistrompé sur l’esprit des troupes, il se vit abandonné d’elles dès que le mot dedéfection fut prononcé; c’est à peine s’il put regagner le camp autrichien avecquelques hussards de Berchiny et ses aides de camp Thouvenot et le duc deChartres . Ainsi finit la carrière militaire de cet homme réellement supérieur