ET I)E TOUS LES RÉGIMENTS. 331
mel à Saint-Wendel . Le roi de Prusse, après avoir reconnu la position desFrançais, fit attaquer Bingen , qui fut enlevé malgré la plus héroïquedéfense, et obligea Custine à se retirer sur Landau.Le résultat de cette retraitefut de découvrir Mayence et Cassel, et même Landau; car le général Custine,trouvant encore sa position trop hasardée, se retira derrière la Lauter . Ainsiles brillantes expéditions de ce général dans le Palatinat et l’extension incon-sidérée donnée à son plan d’invasion n’aboutirent qu’à une retraite désas-treuse. Cependant le gouvernement continuait à Custine la confiance qu’il luiavait accordée, et, comprenant combien avait été funeste l’inaction de l’arméede la Moselle, il réunit ces deux armées sous son commandement, et les ren-força par de nouvelles levées. Custine reçut en même temps l’ordre de reprendrevivement l’offensive. « Mais Custine, dit le général Gouvion-Saint-Cyr, n’étaitplus le général entreprenant de la campagne précédente ; après avoir été tropconfiant, il devint trop circonspect ; l’armée du Rhin avait toujours confianceen lui, mais elle n’en avait plus assez en elle. » En sorte que le conquérantde Mayence , avec une armée numériquement plus forte que celle des ennemis,ne fît aucun mouvement décisif, et n’entreprit pas de délivrer cette ville,ce qu’il aurait pu faire aisément. Moralement affaibli, dit-on, tracassé, con-trarié, dénoncé par les représentants du peuple, il était tellement dégoûté,qu’il finit par vouloir donner sa démission, ha défection de Dumouriez lereleva dans l’esprit de la Convention, et on jugea qu’il était le seul généralcapable de réparer les désastres de l’armée du Nord : il en reçut le com-mandement en chef. Nous avons vu quelle fut sa conduite et quelle fut sa fintragique. Le général Diettemann le remplaça. Ce nouveau chef, ancien officierde cavalerie, homme inepte s’il en fut, ne conserva le commandement quependant un mois; il ne fit ni bien ni mal , il ne fit rien. Le général Beauharnaisvint lui succéder. « C’était, dit le général Gouvion-Saint-Cyr , un hommeinstruit, mais peu guerrier. » Il arrivait fort jeune au commandement d’unearmée, et dans un moment fort important, où il fallait plus d’énergie et dehardiesse peut-être que de capacité. Beauharnais en manqua, et il paya de satête la gloire de son commandement en chef. Cette armée du Rhin, après larude campagne qu’elle venait de faire, s’était aguerrie et disciplinée ; elles’élevait à 100,000 hommes en y comprenant les 40,000 de l’armée de Moselle .Elle avait le sentiment de sa force, elle était animée du meilleur esprit et de-mandait à effacer l’affront de sa retraite sur la Lauter . Il fallait la conduirevers Mayence , but marqué de la campagne, et en faire lever le siège à tout prix.Beauharnais hésita : le commandement en chef d’une telle armée était une troplourde charge pour une jeune tête; il tarda à agir et laissa les ennemis s’em-parer de ce boulevard de l’Allemagne, dont la prise avait excité en France unsi puissant enthousiasme. Du reste, la défense de Mayence fut aussi glorieusepour notre armée qu’une victoire; et quand retentit à Paris cette terrible nou-velle : Mayence n’a plus de garnison française , il n’y eut qu’une seule voixpour répondre : Honneur aux défenseurs de Mayence ! et la Convention, quandelle connut les détails du siège, décréta qu’t'/s avaient bien mérité de la patrie.