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Tome second.
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332 HISTOIRE DE L’ARMÉE

Mayence, située sur la rive gauche du Rhin , un peu au-dessous de l’em-bouchure du Mayn, est une des plus fortes places de l'Europe . A l’époque oùCustine s’en était emparé, la partie de la ville située sur la rive droite duRhin n’offrait pour toute défense que Cassel, tête de pont à peine en état derésister un jour si elle eût été attaquée sérieusement. Le général françaiss’empressa de fortifier ce point et de mettre la place elle-même dans un étatimposant de défense; car il prévoyait bien que les alliés feraient tous leursefforts pour reprendre cette forte ville de guerre, principal rempart de leurspossessions sur le Rhin . En effet, dès que nos bataillons commencèrent à éva-cuer la rive gauche du fleuve, les ennemis portèrent le gros de leurs forces versMayence; des ingénieurs furent appelés du fond de l’Allemagne , des moyensd’attaque furent accumulés sous ces murs, et le siège de cette ville com-mença aussitôt. Les opérations des armées alliées restèrent suspendues auNord jusqu’à la reddition de cette place. L’Europe tout entière avait les yeuxfixés sur Mayence . Les défenseurs de la ville se montrèrent dignes du mandatqui leur avait été confié, et c’est avec un profond sentiment d’admirationqu’on doit lire les noms des généraux Doyré, Meunier, Aubert-Dubayet, del’adjudant-général Kléber, des représentants du peuple Merlin de Thionville et Rewbell, et de tous les corps enfermés dans Mayence (1).

Le siège de Mayence commença le 1 er avril, jour où la place fut complète-ment investie. 11 dura jusqu’au 23 juillet, jour où fut signée la capitulation.Durant le siège, la garnison de Mayence fut soumise au fou de vingt-huitbatteries, c’est-à-dire de plus de deux cents pièces de canon qui couvrirentla place de projectiles de toute espèce. Elle fit plusieurs sorties vigoureuses,supporta plusieurs attaques et éprouva toutes les rigueurs de la misère. Ladétresse y fut si grande, que les soldats allaient, sur les bords du Rhin ,pêcher les chevaux morts que le fleuve entraînait. Cette nourriture devintfuneste à plusieurs d’entre eux. Un chat valait six francs, la chair de chevalmort quarante-cinq sous la livre. Officiers et soldats, tous étaient soumisau même régime, et, s’il faut croire certaines relations de ce siège, le gé-

(1) Composition de l’armée de Mayence.

Garnison de Mayence rentrant en France , à l

l re colonne rentrant par Landau et Strasbourg . —Les généraux de brigade Aubert-Dubavet etVimeux. — Les adjudants-généraux Kléber,Damas et Mignotte. — Les adjoints Soldini etSaussure. — Détachements des 2", 8' et 10' ré-giments de chasseurs à cheval. — Légion desfrancs (de Mayence ). —10' bataillon de chas-seurs à pied. — 1 er de chasseurs républicains.

— 1" de fédérés nationaux. — 1" des Amis dela République. —4' et 6' du Calvados . —5' del’Eure. —10' de la Meurthe . — 3' delaNiévrc.

— 2' Seine-ot-Oise. — 3' et 8' des Vosges . —Compagnies de grenadiers des 4», 9', 31', 36'et 39'régiments d’infanterie. —2'bataillon dela République . — 32 e et 82' régiment d’infan-terie. — Total : 7,981 hommes.

2 e colonne rentrant par la Sarre. — Les géné-raux de brigade Chevalier, Schaal, Scheglinskiet Ledieu de Ville . —Les adjudants-généraux

'.'armée des côtes de La Rochelle. — Août 1793 .

SchersetKinger.—Lcsadjoints Dutilh, Meyer,Gucrops et Mangin. — 14 régiments de cava-lerie. — 7' de chasseurs à cheval. — 5' d’ar-tillerie. — 1 comp. d’arlill. volante du 2 e rég.— 1 comp. d’arlill. volante de Paris . — Batail-lon de grenadiers de l’Ardèche . — Bataillon degrenadiers de Rhûne-el-Loire. — 57' et 62' ré-giments d’infanterie. — 2' bat. de l’Ain . — 2',3', 5' et 9' bal. du Jura . — 1" bat. du Haut-Rhin. — 1 er bat. du Bas-Rhin. —1 comp. du3 e bat. du Bas-Rhin. — 5' et 6' bat. du Bas-Rhin. — 4' bat. du Haut-Rhin. — 2 e , 9', 10°,dl' et 12' bat. de la Ilaule-Saônc. — Compag.de grenadiers des 3', 27' et 46' régiments d’in-fanterie. — 7' et 13 e bataillon dos Vosges . —

Total : 10,694 hommes.

Récapitulation, d" colonne, 7,981; 2 e colonne,10,694; total, 18,675.