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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Son premier soin fut de presser l’embrigadement des bataillons de réquisition,afin de placer sous la surveillance du peu d’officiers et de sous-officiers in-struits cette masse d’hommes sans expérience que l’apathie des chefs laissaitcroupir dans le désœuvrement. Il la divisa en deux corps, l’un de troupesaguerries formant l’élite et le corps de bataille; l’autre de troupes nouvellesqui devaient rester en seconde ligne jusqu’à parfaite instruction. Les mitjuelelsfurent réorganisés en éclaireurs. Il remonta sa cavalerie légère, exerça sonartillerie, épura son état-major, et, jetant un regard de prévoyance sur lesdifférents services administratifs, parvint à créer comme par magie des maga-sins, des ambulances et des moyens de transport. 11 fit, en un mot, de cellearmée un modèle d’organisation et prépara le beau rôle qu’elle devait remplirdans la campagne suivante.

L’armée espagnole, commandée par le marquis de Las Amarillas, n’était pasdans un état plus brillant que l'armée française.Une maladie épidémique déci-mait les corps. Le recrutement volontaire ne fournissait plus assez de soldats;l'argent manquait pour la solde des troupes. Les miquelets espagnols faisaientla guerre pour leur propre compte et s’organisaient en guérillas indépendantes,n’ayant d’autre but que le pillage, et leur nombre diminuait chaque jour.Néanmoins cette armée s’élevait encore à 25,000 hommes présents sous lesdrapeaux. Elle occupait une forte position couverte par le Tech, depuis la merjusqu’au camp de Boulou, et par une cliaine de collines qu’on avait hérisséesde retranchements. Dugommier résolut donc de prendre l’offensive. Deuxplans furent proposés en même temps au comité de salut public : un par legénéral Dagobert, qui consistait à tourner la gauche de la ligne espagnole, àcouper ainsi les communications de cette armée, afin de la détruire d’un seulcoup : ce plan parut trop hardi à Carnot, vu l’état de délabrement de l'armée desPyrénées-Orientales; l’autre par Dugommier, qui se bornait à une opérationsecondaire sur la ligne de communication des Espagnols par Bellegarde et lecol de Porteil. Celui-ci fut approuvé. En conséquence, l'armée se mit en mou-vement le 17 mars 1794. La droite, aux ordres d’Augereau, se porta à Mas-d’Eu. Le centre, commandé par Pérignon, s’avança jusqu’auprès de Bayde;le général Sauret, à la gauche, jeta six bataillons à Ortetfa et se tint prêt àpasser le Tech au premier ordre. Le corps de Dagobert ne devait faire aucunmouvement. Mais ce général, qui s’indignait du repos malgré ses soixante-seizeans, se porta avec trois colonnes sur Murscilla, y battit le comte de Saint-Hilaire,le poussa jusqu’à Castel-Ciudad, lui prit sept pièces de canon, leva une contri-bution sur la Seu-d’Urgel, et revint à Puycerda chargé de butin. Une fièvremaligne l’y enleva peu de jours après. Il mourut respecté de ses soldats, craintdes ennemis, admiré de ses chefs et du gouvernement lui-même. C’était alorsla belle époque des désintéressements patriotiques et des vertus privées. Cethomme, qui venait de lever une forte contribution sur la Seu-d’Urgel, ne laissapas de quoi payer ses funérailles. Les officiers de son armée furent obligés dese cotiser pour subvenir aux frais de sa sépulture.

Dugommier songea alors à s’emparer du camp de Boulou, qui fut enlevé parn. 47