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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEPérignon. Ce combat rejeta les Espagnols au delà des Pyrénées . Le généralfrançais poursuivit ses avantages, prit le bourg de Saint-Laurent, mit le siègedevant Saint-Elme, qui capitula. Port-Yendre et Collioure se rendirent. Enmême temps le général Doppet, qui avait remplacé Dagobert à l’armée de Cer-dagne, üt sur Campredon une expédition des plus heureuses. Le génénal La-Union, qui commandait les Espagnols , fit attaquer Puyccrda, mais sans succès.La démoralisation était au comble dans le camp ennemi. Cependant Dugom-mier songeait à s’emparer de Bellegarde; mais, afin d’éviter un siège meur-trier, il voulait réduire la place par la famine. Un corps de 13 à 20,000 hommesen fit le blocus. La-Union , ayant reçu des renforts, essaya de débloquercette ville. Deux attaques eurent lieuàTerrados et à Saint-Laurent de la Muga;mais elles échouèrent, et Bellegarde capitula après un hlocus de cent trente-quatre jours. La reprise de cette ville acheva de chasser les ennemis du terri-toire français . Bellegarde perdit son nom, et reçut celui de Sud-Libre. Un anauparavant Condé avait échangé le sien pour celui de Nord-Libre .

Après ce succès, Dugommier reçut l’ordre de tenter une attaque généralesur les lignes espagnoles et de s’emparer de Figuières. L’armée française semit en mouvement le 17 novembre, et le 18 eut lieu la célèbre bataille deMontagne Noire, où fut tué Dugommier. Atteint par un éclat d’obus, il tombala tête sanglante et fracassée auprès de ses deux fils et de quelques officiersd’état-major qui s’empressèrent de le relever. « Cachez ma mort à nos soldats,dit ce brave général en expirant, afin qu’ils achèvent de remporter la victoire,seule consolation de mes derniers moments. » Dugommier avait cinquante-huitans; il était l’idole des troupes, qui avaient pour lui un dévouement sansbornes. Avare de leur sang, on le vit souvent s'exposer lui-inqme avec la plusrare intrépidité. La nouvelle de sa mort courut bientôt dans tous les rangs, etun cri unanime s’y fit entendre, comme autrefois dans l’armée de Turenne :Nous avons perdu notre père.

Il était dix heures quand eut lieu le funeste événement; il éveilla dans lecœur des soldats un ardent désir de vengeance, mais il jeta un peu d’incerti-tude dans les opérations. Le général Pérignon, qui remplaça le général Du-gommier, montra qu’il était digne de ce commandement en rétablissant lecombat sur les points où il était au désavantage des Français . L’action restaindécise. Les deux armées passèrent la journée du 19 en armes dans leur camp;mais le lendemain, à quatre heures du matin, l’attaque recommença. Auge-reau, Bon, Verdier, Chabert, Guillot, y firent des prodiges d’audace, et enle-vèrent toutes les positions espagnoles à la baïonnette, et, comme la vengeancequ’ils avaient juré de tirer de la mort de leur général devait être complète, lesEspagnols virent aussi tomber dans leurs rangs leur commandant en chef, legénéral La-Union . Ils s’enfuirent laissant sur le champ de bataille près de10,000 hommes tués ou blessés. La prise de Figuières termina glorieuse-ment la campagne à l’armée des Pyrénées-Orientales. Les Espagnols , qui s’é-taient réfugiés en toute hâte sous le canon de cette place, n’osèrent y attendrel’armée républicaine.