ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 373
même. Le drapeau de la république flotte aujourd’hui là où était le drapeaude l’orgueil des rois, et l’arbre nourricier de la liberté a remplacé la massuedestructive du tyran. Une musique guerrière a suivi cette inauguration. Lesmânes de nos pères ont été consolées, et l’armée de la république a juré devaincre pour la gloire du nom français de tous les âges et pour le bonheur dela postérité. »
Moncev ne jugea pas à propos de pousser plus avant son succès; l'hiver ap-prochait à grands pas; il allait paralyser ses opérations : il fallait, dans sa posi-tion, ou assiéger Pampclune, ou livrer une grande bataille, ou enfin se repliersur Saint-Sébastien; il adopta ce dernier projet, qui était le plus sage, et il vintétablir son camp d'hiver entre Tolosa, Fontarabie , Saint-Sébastien, les valléesdu Bastan et de Lavin.
Campagne de 179b. — A l’ouverture de la quatrième campagne, la positiondes puissances belligérantes était totalement changée. La république venait detrancher avec son épée le nœud de la coalition; la politique, toujours soumise àla victoire, avait également changé de dispositions à l’égard du gouvernementfrançais : on parlait de paix et de négociations, et les coalisés n étaient plusretenus que par une fausse honte. « Telle est, dit Machiavel , la destinée d’unenation qui s’est fait une réputation de guerre, chacun désire son alliance,chacun cherche à éviter les coups qu’elle peut lui porter. » Au reste, la posi-lion diplomatique de la France était on ne peut plus belle : elle avait déjà laneutralité de la Suède, du Danemark et de la Suisse , l’alliance entière desétats généraux de Hollande. L’Agamemnon de la coalition, Frédéric-Guil-laume II, offrait la paix à la France; la Toscane et l’Espagne allaient déposerles armc§. Les conventions de Râle créaient des intérêts particuliers en Alle-magne et en Italie et dans le midi de l’Europe , car le traité avec la Prusse allaitfortifier plus que jamais les rivalités intestines avec l’Autriche . Il y avait duRichelieu dans ces combinaisons, et le projet de Barthélemy d’arriver à unepaix générale par des traités particnliers était le plus sûr moyen de vaincrel’Europe par les armes de la diplomatie, comme on l’avait vaincue par lesfoudres de la guerre. La France allait donc se trouver seule contre l’Autriche et l’Angleterre, car la Russie n’agissait que par des promesses et de vaines dé-monstrations, et les États d’Italie ne faisaient plus la guerre qu’à contre-cœuret sous l’influence exigeante de l’Autriche . L’Angleterre seule tirait un partiadmirable de l’état de l’Europe .
Le cabinet de Saint-James redoublait d’activité et d’adresse pour entretenirle feu de la guerre : après avoir détruit notre marine, dévasté nos colonies, lesrichesses affluaient sur la Tamise ; cependant elle convoitait encore les dé-pouilles de là Hollande. Le traité de commerce qu’elle venait de conclure avecles États-Unis d’Amérique assurait à son pavillon la liberté des mers dans lesIndes; en Europe , elle comptait encore de puissants alliés. Un traité d’allianceoffensive Tunissait à la Russie; elle disposait de la marine de l’Espagne , desforces de l’Autriche , et son pavillon parcourait en souverain l’Océap et laMéditerranée.