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Tome second.
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386
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386 HISTOIRE DE L’ARMÉE

On grava sur son tombeau cette belle inscription :

111C CINERES; EBIQUÈ NOMEN.

Ici ses cendres; partout son nom.

Après avoir repassé le Rhin, l’armée française prit position le long de cefleuve; la gauche seule resta sur la rive droite établie à Siegberg et derrièrel’Agger. Jourdan donna sa démission; il eut pour successeur Beurnonville,général des premières années de la révolution, et que recommandait auxfaveurs du gouvernement sa longue captivité à l'étranger par suite de la tra-hison de Dumouriez . La campagne était terminée; un armistice fut concluentre les deux armées.

Armée du Rhin et Moselle (1796). — Moreau, qui avait pris le commandementde Rhin-et-Moselle en remplacement de Picticgru, s’empressa de profiter del’armistice pour rétablir l’ordre et la discipline que son prédécesseur avait laisséperdre complètement. Cette armée s’élevait à environ 78,000 soldats; elle oc-cupait les trois positions importantes : de Huningue par sa droite aux ordresde Ferino, des Deux-Ponts par sa gauche aux ordres de Gouvion Saij^-Cyr, etde Landau par son centre aux ordres de Desaix.

Moreau, profitant des succès de Jourdan qui avaient attiré l’archiduc sur laLalin, passa le Rhin le 28 juin, s’empara de Kehl , marcha sur Wilstett, attaquale camp de Bulil, gagna le combat de Renchen et s’empara de Rastadt . L’ar-chiduc, en apprenant ces succès, était arrivé en toute hâte pour empêcherMoreau d’arriver sur ce fleuve avant lui; mais Moreau l’avait poussé pied àpied et était enfin arrivé sur le Danube, après avoir livré la bataille d’Ettlingen où l’archiduc fut vaincu. Ces succès, ainsi que nous l’avons dit en parlant desopérations de Sambre-et-Meuse, furent paralysés par suite de la direction im-primée aux deux armées. Après la victoire d’Ettlingen , Moreau devait portersa gauche à Ileilbron, afin' de se réunir à Jourdan; il lit tout le contraire : ilporta sa droite à Eslingen pour y passer le Necker, et marcher ensuite sur le Da-nube. L’archiduc, qui tenait à se concentrer sur la puissante ligne du Danube ,ne craignit pas de venir attaquer Moreau à Nereslieim, ayant le fleuve à dos;pensée vicieuse dont il s’est blâmé lui-même, car elle l’exposait à être jetédans le Danube. Le but de l’archiduc était d’écarter Moreau du Danube , puis dele couper, s’il était possible, des montagnes par lesquelles il avait débouché,et de l’empêcher de communiquer avec Jourdan. 11 l’attaqua sur tous les pointsà la fois, parvint à tourner sa droite, s’avança jusqu’à Heidenlieim sur ses der-rières, et y jeta une telle alarme que les Français rétrogradèrent; à la gauche, ilfit des démonstrations menaçantes; en même temps, il dirigea une attaque vi-goureuse sur le centre. Mais Moreau montra dans cette circonstance ce quepeut le génie à la guerre. Loin de se laisser intimider par l’excursion faite der-rière sa droite ni par les démonstrations faites à sa gauche, ainsi que le font lesgénéraux ordinaires quand on menace de les déborder, il jugea que le pointdécisif de la journée était au centre, et il affaiblit encore ses ailes pour ren-