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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

rières de notre armée et la surprendre, fut étonné de se voir abordé de frontet si vigoureusement sur tous les points. Il fut repoussé à Salo et à Lonato, et,bien qu’il perdit peu de monde, il n’osa s’engager davantage avant de savoirce que devenait Wurmscr avec la principale niasse autrichienne. Il s’arrêta.Bonaparte , satisfait de ce résultat, s’arrêta aussi. Le temps était précieux; ilavait forcé Quasdanowich à rétrograder. Il fit aussitôt une marche en arrièreavec les deux divisions Augereau et Masséna, et arriva au moment où le gé-néral de l’armée autrichienne, après avoir franchi l’Adige et le Mincio, se dé-ployait par la route de Lonato vers Mantoue , après avoir repoussé le généralValette à Castiglione.il était temps. Wurmser, croyant la perte de l’armée ^fran-çaise assurée, était allé avec deux divisions débloquer Mantoue où il entra triom-phalement le 2 avril. Bonaparte , arrivant en présence de cette armée, n’avaità combattre que le corps de Bayalitsch à Lonato, et celui de Liptai à Castiglione,c’est-à-dire environ 25,000 hommes. Il fallait les attaquer avant le retour deWurmser. Les troupes avaient marché pendant deux jours et deux nuits, etlui-même était à peine descendu de cheval depuis vingt-quatre heures. Il fitrenforcer le général Sauret dans sa position de Salo pour contenir Quasda-nowich, et il se porta lui-même avec Masséna à Lonato, pendant.qu’Augereaumarchait sur Castiglione, abandonnée la veille par le général Valette, qu’ildestitua en présence de l’armée. Le 3 avril, toute l’armée française se mit enmouvement, Bonaparte sur Lonato et Augereau vers Castiglione. L’avant-garde de Bonaparte est repoussée et sa division se trouve enveloppée par Baya-litsch, qui espère ainsi entrer en communication avec Quasdanowich, dont onentend le canon à Salo . Le général français se laisse envelopper avec un admi-rable sang-froid; puis, quand il juge le moment favorable, il fond tête baisséeavec une colonne formée des 18 c et 32 e demi-brigades sur le centre des ennemis,brise leur ligne et coupe en deux la division autrichienne. Aussitôt chefs etsoldats perdent l’esprit, une partie se replie vers le Mincio; l'autre, qui s’étaitétendue du côté de Salo pour communiquer avec Quasdanowich, se heurtecontre la division Guyeux qui venait de s’en emparer et se trouve ainsi entredeux feux. Une charge de cavalerie, dirigée par Junot, achève d’y porter ledésordre et l’effroi. Les soldats jettent leurs armes et fuient en désordre. Ilssont pris par milliers. Augereau, de son côté, avait dirigé plusieurs attaquesimpétueuses sur Castiglione et en avait enfin chassé le général Liptai, en sorteque, quand Bonaparte , vainqueur à Lonato, arriva à Castiglione pour appuyerl’attaque d’Augereau, celui-ci avait déjà accompli son œuvre de victoire. Tellefut la journée de Lonato. Les résultats étaient prodigieux. On avait fait troismille prisonniers à la division Bayalitsch; on avait fait 1,500 prisonniers à cellede Liptai; on avait tué ou blessé 3,000 hommes; on avait pris 20 pièces decanon; on avait repoussé et intimidé Quasdanowich qui, entendant partout lecanon français, n’osait plus faire un pas en avant. C’était, nous le répétons, unrésultat prodigieux, mais il n’était point encore définitif; car Wurmser, ac-courant avec 15,000 hommes, avait rallié dans la plaine de Castiglione lesdivisions vaincues. Il s’apprêtait à livrer au vainqueur une bataille décisive.