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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 407

Le sort de l’Italie dépendait de l’issue de cette journée. L’infatigable Bo-naparte se multiplie. Il parcourt le champ de bataille, dispose lui-mêmeles divisions et s’apprête à recevoir le choc de son adversaire dans le lieumême qu’il a choisi. Il avait 22,000 hommes au plus. Wurmser en comp-tait encore 30,000. Ces deux armées étaient rangées perpendiculairementdans la plaine et appuyaient toutes les deux une aile sur les hauteurs quivont de la Chiesa au Mincio par Lonato et Castiglione. Le but du généralautrichien était de s’ouvrir une communication par Lonato et Salo avecson lieutenant. Bonaparte ne pouvait s’y tromper, il favorisa ce mouve-ment pour répéter la manœuvre de Lonato. Il comptait d’ailleurs sur la divi-sion Serrurier, qui, depuis la levée du siège de Mantoue , n'avait pu entrer enligne, et qui, débouchant par Cauriano, devait attaquer Wurmser sur ses der-rières. En conséquence, au point du jour, le 3 août, les deux armées engagè-rent l’action. Le général autrichien, ainsi que l’avait prévu Bonaparte , portases efforts sur la gauche des Français , le long des hauteurs. Masséna, qui com-mandait sur ce point, se replia pour donner à Wurmser le temps de s’engagerdavantage; mais, quand le canon de Serrurier commença à gronder, les divi-sions françaises prirent impétueusement l’offensive. Wurmser , obligé de faireface aux attaques de Bonaparte et de protéger ses derrières contre Serrurier,dégarnit son front de bataille. Masséna et Augereau profitent de cette circon-stance pour l’attaquer avec plus de vigueur. Les Autrichiens sont ébranléspar ces attaques impétueuses; ils commencent à perdre du terrain; bientôtils lâchent pied, et Wurmser ordonne la retraite. On pouvait alors le mettredans une déroute complète; mais les soldats marchaient et se battaient depuissix jours. Ils étaient harassés de fatigue; ils couchèrent sur le champ de bataille.Le lendemain, on poursuivit les Autrichiens; mais Wurmser avait franchi leMincio et il se retirait à marches forcées sur le Tyrol. Quasdanowich, de soncôté, faisait une pénible retraite vers le lac Garda.

L’armée autrichienne était encore une fois en déroute et Bonaparte encoreune fois maître de l’Italie . Cette admirable et immortelle campagne avait durésix jours. Les résultats étaient prodigieux, inouïs dans les fastes de la guerre.Ils étaient dus au génie du chef et à la bravoure des troupes. Ces deux arméesredoutables, qui semblaient devoir envelopper et détruire sans combat lafaible armée française, avaient été brisées et comme frappées par la foudre;elles fuyaient en désordre vers les montagnes du Tyrol, après avoir perdu20,000 hommes, dont 8,000 tués ou blessés et 12,000 prisonniers.

Qu’on juge de l’exaltation morale des troupes françaises après de tels succès !Rien désormais n’était impossible à de tels hommes. Les vieux soldats se réu-nirent encore une fois en conseil de guerre, et à l’unanimité accordèrent à Bo-naparte le grade de sergent. En France , la sensation fut profonde; le gouverne-ment avait déjà épuisé toutes les formules de félicitations pour la brave arméed'Italie et pour son chef; elle décréta encore une fois qu’elle avait bien méritéde la patrie. Les autres armées, longtemps jalouses des succès de celle d’Italie ,longtemps incrédules sur les résultats, passèrent ainsi de la jalousie et de