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Tome second.
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410 HISTOIRE DE L’ARMÉE

de troupes nouvelles, et il en avait perdu la moitié au moins. « Encore 6,000hommes, écrivait-il au Directoire, et je réponds de tout. » Une douzaine debataillons de la Vendée arrivèrent peu de temps après les événements de laBrenta, mais diminués par les désertions; deux autres demi-brigades avaientété dirigées vers l’Italie : elles restèrent dans le midi. Bonaparte cependantvoyaitse former et grandir l’orage qui menaçait de briser enfin sa fortune mi-litaire. En effet, il lui restait environ trente et quelques mille hommes, ainsirépartis : 12,000 sous Vaubois, qui occupaient Trente et les bords du Lavis ;16,000 sous Masséna et Augereau, qui gardaient la Brenta et l’Adige , et enfin8,000devant Mantoue.il voyait s'avancer devantluiAlvinzi avec-40,000 hommeset Davidowich avec 18,000, sans compter les 14,000 enfermés dans Manloueavec Wurmser , qui pouvaient former une puissante diversion sur les derrièresde l’armée française. Aussi ne cessait-il de répéter avec chagrin au Directoire :Des troupes, ou l’Italie est perdue !

Les soldats eux-mêmes commençaient à murmurer; ils avaient fait tant etde si grandes choses, subi de si rudes épreuves, qu’ils espéraient que le gou-vernement s’occuperait d’eux avec plus de sollicitude. Le feu, les marchesforcées, les maladies, les avaient décimés; les fièvres surtout, qu’ils avaientgagnées dans les campements humides de la Lombardie , les avaient affaiblisconsidérablement, et l’on ne songeait pas à remplacer les vides faits dans leursrangs. «Ce n’est pas assez, disaient-ils, d’avoir détruit deux armées qui nousétaient opposées, il nous a fallu détruire celles qui étaient opposées aux arméesdu Rhin , et la lutte se renouvelle chaque jour. Nous ne pouvons suffire à unetelle tâche : encore si on nous donnait des secours proportionnés à nos périls!mais on nous abandonne au fond de l’Italie , on nous laisse seuls aux prisesavec deux armées innombrables; et si, après avoir versé notre sang dans vingtcombats, on nous ramène sur les Alpes , nous y reviendrons sans honneur etsans gloire; on nous regardera comme des fugitifs qui n’auront pas fait leurdevoir. »

Tels étaient les discours des soldats dans les bivouacs. Ces plaintes et cesmurmures étaient fondés. Cependant Bonaparte prenait des dispositions poursoutenir cette guerre nouvelle et plus redoutable. Le maréchal Alvinzi, partantde la Piave le l 6r novembre, s’avançait vers la Brenta, se dirigeant vers Vérone .Davidowich, de son côté, se mit en mouvement pour longer les rives de l’Adige et se porter également sur Vérone . Le plan des ennemis était de se réunirdans cette ville et de marcher ensuite de concert vers Mantoue pour débloquerWurmser , comme dans les précédentes campagnes.

Bonaparte , en voyant ces manœuvres, prescrivit à Vaubois d’attaquer Davi-dovvich dans ses positions de Lavis , ou tout au moins de le contenir dans lavallée du Haut-Adige , et il marcha lui-même, avec ses deux infatigables lieu-tenants Augereau et Masséna, à la rencontre d’Alvinzi, qui avait pris positionen avant de la Brenta, depuis Carmignano jusqu’à Bassano . Le 6 novembre,les deux armées furent en présence. Bonaparte précipita aussitôt ses divi-sions impétueuses sur l’ennemi, espérant le rompre au début même de la