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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 419

reau (I), une des plus belles de l'armée, et la division Bernadotte , arrivant duRhin (2), se porta sur la Piave et le Tagliamento . Son plan était de traverser cesdeux fleuves, de pousser devant lui T archiduc, de rejoindre Masséna au col deTarvis, Joubcrt dans la vallée de la Drave, et de marcher ensuite sur Vienne àla tète de toutes ses forces, c’est-à-dire de ri0,000 hommes de troupes commeon n’en avait jamais vu en Europe .

Les deux capitaines qui allaient se mesurer dans cette nouvelle lutte étaientégalement célèbres, l’archiduc par ses savantes manœuvres, pendant la cam-pagne de 1700, contre Jourdan et Moreau; Bonaparte par ses succès en Italie .

L’armée française franchit la Piave le 13 mars; le 16, elle força le passage duTagliamento en présence de l’armée autrichienne, qui fut repoussée. En mêmetemps Masséna s’emparait de Pontalba et marchait sur Tarvis. Bonaparte , pour-suivant son succès, s’empare de Palma-Nova, enlève Gradisca. Masséna, deson côté, s’empare de Tarvis après un combat de Titans livré au-dessus desnuages sur un plateau qui domine à la fois l’Allemagne et la Dalmatie . L’ar-chiduc, habile général, juge que la position de Tarvis est la clef des Alpes ; ilvole de sa personne sur ce point, renforce les divisions vaincues de 0,000 gre-nadiers et reprend le plateau de Tarvis. Bonaparte , à son tour, marche à lapoursuite de l’archiduc, et Masséna, qui juge de l’importance de cette position,forme eu bataille sa terrible division, attaque l’archiduc et reprend Tarvis aprèsun combat acharné et sanglant où les deux chefs s’exposent comme de sim picsgrenadiers. Bonaparte , arrivant après coup, se rabat sur une division autri-chienne, qui est forcée de déposer les armes. Dans le Tyrol, Joubcrt livrait ausside victorieux combats à Saint-Michel et à Clausen, et après avoir balayé leTyrol manœuvrait pour rejoindre Bonaparte . Ainsi, la réputation de l’archiducétait venue se briser contre le génie de Bonaparte . En quinze jours le généralfrançais s’était emparé du sommet des Alpes , avait rompu les efforts de sonadversaire, fait 20,000 prisonniers, et il était prêt à marcher sur Vienne avec50,000 hommes.

Mais, pendant qu’il accomplissait ces grandes choses, la république de Venise se levait en armes aux cris de Mort aux Français! Bergame, Salo, Brescia ,Crémone, levèrent l’étendard de la révolte en égorgeant les Français et leurspartisans; mais c’est à Vérone surtout que les massacres furent horribles. Envain le général qui commandait le fort fit pleuvoir sur la ville une grêle demitraille : le carnage ne continua pas moins. Les féroces paysans qu’on avait

(1) La division Augereau était commandée par Guyenx; Augereau avait été envoyé à Paris parBonaparte pour porter les drapeaux ennemis pris dans la dernière campagne.

(2) La division Bernadotte contrastait, par la simplicité de sa tenue sévère, avec les divisionsde l'armée d'Italie, enrichies des dépouilles de la Lombardie , et dont les soldats, exaltés par lesuccès, étaient fougueux, fanfarons comme tous les méridionaux. Ils se moquaient des soldatsdu Rhin , et les appelaient le tontingent, pour faire allusion aux recrues qui renforçaient lesarmées allemandes après chaque défaite. Les braves soldats du Rhin ne pouvaient supporter cesrailleries. De là de nombreux duels et un désir ardent de prouver, en présence de l’ennemi, queleur valeur et leur savoir égalaient ceux de l’armée d’Italie .