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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

excités et (jiii n’avaient rien à perdre ne voulurent rien entendre. Les soldats,qui étaient parvenus à se réfugier dans le fort, voyaient en frémissant de rageégorger leurs frères d’armes dont les cadavres flottaient sur l’Adige . Ces mas-sacres furent appelés les Pâques véronaises. Pendant que ces événements se [tas-saient à Vérone, Venise, elle aussi, signalait sa haine pour la France en fou-droyant dans son port un vaisseau français qui était venu se réfugier sous le fortdu Lido, et égorgeait l'équipage. Mais l'heure de la vengeance sonnait.

Bonaparte, maître des Alpes , était descendu à grands pas dans la vallée dela Muer. Le 31 mars, iloccupait Klagenfurth , capitale de laCarinthie, où il atten-dait l’arrivée de Joubcrt. Le lendemain, il se porta sur Neumarck, où le princeCharles avait pris position avec quatre nouvelles divisions venues du Rhin . Uncombat sanglant s’engagea dans les gorges, où les divisions du Rhin et d’Italie ,se défiant mutuellement, firent des prodiges de valeur et d’audace. Les soldaisautrichiens ne pouvaient tenir contre une telle impétuosité. Ils furent culbutéspartout, et Ronaparte put s’avancer jusqu’à Léoben , où il établit son quartiergénéral. Masséna, avec l’avant-garde, prit position sur la dernière hauteur desAlpes noriqucs, d'où nos soldats aperçurent les clochers de la capitale de l'Au-triche qu'ils devaient quelques années plus tard traverser en conquérants.

L’Autriche effrayée demanda la paix, dont les préliminaires furent signés àLéoben le 18 avril 1707.

Cependant la nouvelle des succès de Bonaparte était arrivée en Italie au mo-ment où s’accomplissaient les massacres des Français dans les États de Venise .Cette vieille république fut saisie de terreur. Elle allait se trouver seule désor-mais en présence du terrible capitaine. Elle lui envoya des députés. Ceux-cirencontrèrent Bonaparte au moment où il repliait son armée sur l’Izonzo.Ils l’abordèrent en tremblant. Bonaparte pouvait à peine se contenir; mais, auxpremiers mots d’excuses qu’ils prononcèrent, il s’écria avec impétuosité : «Lesang de nos soldats a coulé et vous en êtes couverts. Il me faut une vengeance; ellesera terrible. lirai briser vos Plombs avec mes 80,000 hommes; je serai un secondAttila pour Venise ; je ne veux plus ni inquisition ni livre d’or; ce sont des insti-tutions des siècles de barbarie. Votre gouvernement est trop vieux, il faut qu’ils’écroule. »

C’était l’arrêt de mort de la république. En un instant, sur toute la terreferme, le lion de Saint-Marc fut brisé et remplacé par l’arbre de la liberté.Vérone, abandonnée aux soldats de Kilmaine , fut livrée au sac et au pillage;les chefs insurgés furent fusillés et les paysans pris les armes à la main massa-crés sur-le-champ. Quant à Venise , la ville des lagunes, la vieille reine del’Adriatique, elle ouvrit ses portes à nos soldats. Le général Baraguay d’Illiers en prit possession au nom de la république, et la république de Venise fut rayéedu nombre des nations.

La prise de Venise ne fut pas un des événements les moins extraordinairesde cette campagne. Venise , quoiqu’elle fût bien déchue, pouvait encore résis-ter longtemps et changer peut-être les destinées de la campagne. Assise aumilieu des lagunes, entourée de chaloupes et de barques canonnières, délen-