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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE 423

vrage, chaque retranchement avait exigé un assaut et souvent deux. Aprèsl’évacuation du fort de Kelil, il ne restait plus aux Français , de leurs con-quêtes sur la rive droite du Rhin , que la tète de pont de Iluningue, dont la dé-fense avait été confiée au général Ferino. Là, comme à Kehl , la résistance futhéroïque et mémorable. Le général Abattucci, dans une vigoureuse sortie,tua 2,00ü hommes aux Autrichiens, et tomba lui-même mortellement frappéà la tète de ses troupes. C’était un des plus intrépides généraux de l’armée duRhin. Les regrets de l’armée tout entière le suivirent dans la tombe; mais lefort d’Huningue, comme celui de Kehl , dut être évacué et passa aux mains desAutrichiens.

Après ces deux événements, l’armée de Rhin-et-Moselle et celle de Sambre-et-Meuse restèrent pendant plusieurs semaines inactives, bien que les succèsde Bonaparte dans la Carintbie, pendant la campagne d’Allemagne , eussentdû les décider à agir hostilement de leur côté et à profiter de cette heureusediversion.

Ce n’est que vers le milieu du mois d’avril que les deux armées entrèrenten campagne et franchirent simultanément le Rhin à Gambesheim et à Neu-xvied. Le passage du Rbin ajouta à nos fastes militaires deux grandes victoires :celle remportée à Neuxvied, par Hoche, le 18 avril, et celle remportée à Diers-heim, par Moreau, le 21 du même mois.

Le passage du Rhin opéré, Moreau reprit le fort de Kehl et poursuivit vive-ment l’ennemi. Déjà il avait franchi la Renchen à sa suite, lorsque les préli-minaires de Léoben arrêtèrent sa marche victorieuse.

Armée de Sambre-et-Meuse (1797). — L’armée de Sambre-et-Meuse, ainsi quenous l’avons vu dans la campagne de 1796, s’était retirée derrière le Rhin , etun armistice de six mois avait été conclu entre les généraux français et autri-chiens. Pendant ce temps, Hoche avait succédé à Beurnonville. Son armée,renforcée de plusieurs détachements de l’armée du Nord inactive dans laFlandre et de la plupart des corps destinés à la malheureuse expédition d’Ir-lande , dont nous aurons à parler, s’élevait à 70,900 hommes, lloche s’appli-qua à réorganiser cette armée. Les six mois qu’elle venait de passer sous latente l’avaient affaiblie par les désertions et démoralisée par la misère. L’in-struction et la discipline y étaient fort relâchées. Le pacificateur de la Vendée donna tous ses soins à rendre à cette armée son ancienne réputation de su-bordination et d’ordre. Il lui fit subir une réorganisation nouvelle. Depuis lecommencement de la république, la cavalerie et l’artillerie étaient disséminéesdans chaque division, et ressemblaient ainsi aux légions romaines. Hoche réu-nit la cavalerie en divisions séparées par armes, et lui rendit ainsi sa véritabledestination. Ney commanda les hussards, Richepanse les chasseurs, d’Haut-poul la grosse cavalerie. L’armée se composa alors de huit divisions, dontquatre de cavalerie et quatre d'infanterie. Lefebvre, Grenier, Championnet,eurent le commandement des trois corps principaux de bataille. Le caractèreferme et élevé du général en chef, le zèle, les talents des généraux division-naires placés sous ses ordres, l’émulation de tous, firent en peu de temps de