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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
sant cuire sous la cendre, formèrent une espèce de galette qui, avec les lentilleset le melon d’eau douce nommé pastèque, formait une nourriture suffisante.On disait, en parlant de ces melons délicieux, que c’était la manne du désertdes Hébreux, et qu’on ne pouvait manquer maintenant d’arriver dans la terrepromise. C’est ainsi que cette traversée, commencée sous les auspices les plusfunestes et au milieu des murmures des troupes, se termina heureusement,et au.milieu des saillies et de la gaieté.
Ce fut à Ramanieh que Bonaparte apprit que les mamelucks s’avançaient àsa rencontre. Le général Desaix, qui depuis Alexandrie formait l'avant-garde,écrivit le 14, du village de Minieh-Salamo, que 12 à 1,400 chevaux manœu-vraient à trois lieues de distance, et qu’ils s’étaient déjà présentés le matin auxavant-postes. Ainsi Bonaparte montait le fleuve, accompagné de sa flottille, quil’avait rejoint à Ramanieh en môme temps que Mourad le descendait, égale-ment accompagné d’une flottille. Le lendemain, les troupes de l’Occident etcelles de l'Orient se trouvèrent en présence à Chebreiss. Le choc fut rude. Sur lefleuve, djermes, canges, chaloupes et barques canonnières se heurtèrent proueà proue, flanc à flanc; sur le sol, mamelucks et Français s'abordèrent aussivivement. Mais ici la tactique des Français était changée. Les demi-brigadesd’Italie , habituées à prendre impétueusement l’initiative, durent au contrairese montrer froides et impassibles dans leurs rangs; car les mamelucks l’em-portaient sur nos soldats en impétuosité. Ils se formèrent en carrés. Cettemilice, dévorante comme la flamme, chargeait jusque sur nos carrés, hachaitles canons des fusils avec ses sabres de Damas, visitait au galop tous ces anglesde fer donc chaque face lui envoyait sa volée, et, voyant toute brèche impos-sible, elle s’éloignait emportée par ses chevaux, laissant autour de nos bataillonsune ceinture mouvante encore d’hommes et de chevaux blessés ou mourants,allait se reformer plus loin et venait tenter une nouvelle charge, impétueuseet sanglante comme la première. Mais tout fut inutile; les mamelucks furentrepoussés. Ils se retirèrent en bon ordre, prirent la route du désert, et dispa-rurent à l’horizon.
Mourad était à Giseth quand il apprit l’échec de Chebreiss. Ayant enfinréuni tous ses contingents de guerre, Arabes , janissaires, fellahs, 50,000hommes environ, non comprisses mamelucks, il prit position devant le Caire ,sur la gauche du Nil , entre le village d’Embabeth, où il appuya la droite deson armée, et Giseth, sa résidence favorite, où il établit la gauche. Quant àlui, il fit planter sa tente sous un immense sycomore. C’est dans cette posi-tion qu’il attendit l’armée française. Quant à Ibrahim, il avait rassemblé sesfemmes, ses chevaux, scs trésors, et il se tenait prêt à fuir dans la Haute-Égypte, si le» Français étaient vainqueurs. Bonaparte cependant s’avançait versle Caire en suivant le Nil . La marche était lente et pénible, à cause des gran-des chaleurs. A Omedinar, il fut informé que les mamelucks l’attendaient enface du Caire . La ville était le prix de la bataille. Il donna l’ordre de presserla marche.
Le 28 juillet, au lever du soleil, de grandes acclamations se firent entendre;
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