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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
La position de la république en ce moment était on 11 e peut plus critique :elle avait perdu l’Allemagne; elle venait de perdre l’Italie ; elle était menacéeau nord parles Anglais , qui projetaient une descente en Hollande; à l’est parla Suisse , où Masséna se maintenait encore ferme et victorieux, mais où lesrevers de l'armée d’Italie pouvaient à chaque instant l'ébranler; au midi parle Yar, où l’on craignait à chaque instant de voir déboucher les Cosaques deSouwarovv. En outre, ses armées étaient affaiblies et disséminées. Ses ressourcesfinancières étaient épuisées, et les partis s’agitaient violemment dans son sein.Dans cette position, il fallait agir énergiquement et surtout promptement. LeDirectoire fit de louables efforts : une nouvelle levée d’hommes fut ordonnéepour renforcer les cadres de l’armée. Les vieux bataillons retenus à l’intérieurfurent envoyés aux frontières. Les conscrits remplacèrent les vieilles troupesdans les garnisons, et enfin, comme les cadres manquaient pour le grandnombre d’hommes qui arrivaient sans cesse sous les drapeaux, on augmentale nombre des bataillons dans les demi-brigades. Les états-majors furent chan-gés ou épurés. Les grands commandements eux-mêmes subirent quelquesmodifications. Moreau reçut celui de l'armée du Rhin; Joubert le remplaça àl’armée d’Italie. Macdonald eut pour successeur Gouvion Saint-Cyr , qui prit lecommandement de l’aile droite; le général Pérignon eut le commandementdu centre, et le général Lemoine celui de l’aile gauche. En outre, on formadans les Alpes le noyau d’une armée dont le commandement futdonné à Cliam-pionnet. Cette armée, dite des Alpes , était à peu près de 15,000 hommes.
Joubert vint rejoindre son armée à Gênes vers la fin du mois de juillet1799. C’était un jeune homme distingué que Joubert, ayant tous les talentsd’un grand capitaine, tout le courage du soldat. Il était connu à l’arméed’Italie , où il avait fait ses preuves. Son expédition du Tyrol avait révélé en luile caractère et les dispositions nécessaires pour le commandement en chef.Joubert venait de se marier quand il fut désigné pour succéder à Moreau. Ildit à sa jeune épouse en partant : lu me reverras mort ou victorieux; on saitcomment il tint son héroïque engagement. A son arrivée au quartier-général,il pria Moreau de rester auprès de lui pour assister à la première bataille qu’ilallait livrer. Certes, il ne pouvait trouver un meilleur guide et un plus sûrmodèle. Moreau accepta cette proposition avec une rare abnégation d’amour-propre. « Noble et touchante confraternité qui honore nos généraux républi-cains, et qui appartient à un temps où le zèle patriotique l’emportait encore surl’ambition dans le cœur de nos généraux (1). »
L’armée d’Italie , dont il vènait prendre le commandement, s’élevait à•fOjOOO.hommes environ d’excellentes troupes (2). C'étaient les soldats qui avaient
(1) Histoire de la Révolution.
(2) Ordre de bataille de l’armée française, commandée par Joubert, à la bataille de Novi,
15 aoiit 1799.
Aile gauche sous les ordhes du général
PÉRIGNON.
Division Grouchy. — Brigade Granjean : 26 e
11.
légère, 1 bataillon; 39 e de ligne, 92 e de ligne.— Brigade Charpentier : 93 e de ligne, 99 e deligne. 9 bataillons, 5,620 hommes. — Flan-queurs dans la vallée de laBormida, sous
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