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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMEE

Dès le mois de septembre, les Prussiens avaient envahi la Saxe , commel’Autriche avait envahi la Bavière l’année précédente. Mais l’électeur, au lieude fuir comme le roi de Bavière , avait été entraîné à prendre les armes.100,000 hommes formant le premier corps d’armée de Frédéric-Guillaume etune réserve de 40,000 hommes se réunissent à Custrin et se dirigent en mêmetemps vers la Westphalie et la Souabe .

« Le roi, en se mettant lui-même à la tête de son armée, dit Jomini , avaitexhumé tous les vieux généraux de la guerre de Sept Ans pour lui servir deguides. Le duc de Brunswick et Mollendorff devaient conduire l'armée à lavictoire. Le premier général d’avant-garde, sous son père, le grand Ferdinand,n’avait jamais combattu depuis lors qu’à Kaiserlautern contre Hoche il s’étaitborné à défendre bravement son camp. Bon administrateur, vaillant dans lecombat, mais timide dans le cabinet, il n’avait rien su apprendre durant lesquinze années qui venaient de s’écouler, bien que ces quinze années fussentassez riches en grandes leçons pour tout militaire capable d’en profiter. Mol-lendorff, non moins brave, n’était pas plus habile capitaine. L’àge avait glacéchez eux les qualités qui leur avaient valu tant de réputation, et ne leur avaitpas donné le génie; car le génie n’est jamais le fruit de l’àge ni de l’expé-rience.

«Ces habiles manœuvriers, plongés dans un sommeil léthargique depuis dixans, comptaient si bien nous reconduire à Mayence, qu’aucun préparatif n’avaitété fait pour mettre en état leurs places de première ligne, situées à quelquesmarches de leurs cantonnements. Tandis que nous entassions bastions sur bas-tions, à Kehl, à Cassel, à Wesel , ils ne mettaient pas une palissade à Magde-bourg, pas un canon en batterie à Spandau .

« L’armée, ajoute Jomini , était belle, d’une tenue et d’une discipline admi-rables; l’artillerie excellente; la cavalerie n’avait pas encore oublié Seidlitz etses immortelles leçons; disons plus, l’état-major était très-instruit, mais in-struit au détail. »

Tels étaient les chefs et la composition de l’année que nos soldats allaientavoir à combattre. L’armée française, après avoir fait exécuter le traité dePresbourg , se préparait à évacuer le territoire germanique. Les préparatifsde la Prusse arrêtèrent la marche rétrograde de nos soldats. Aussitôtles maréchaux retournent à leurs postes; les camps qui étaient autour deParis sont levés. Le maréchal Lefebvre part d’Augsbourg , se rend à Dunckels-bulh. Le prince de Ponte-Corvo se poste en avant de Nuremberg et d’Ans-pacli; le maréchal Augereau prend position près de Limbourg , sur le Latin.D’autres corps se dirigent sur Furth , où ceux qui arrivaient du haut Palalinatfont leur jonction. En même temps, les garnisons de Wétéravie sont renfor-cées; Venloo est réparée. On approvisionne Maëstricht. On met le royaume deHollande en état de défense. L’empereur Napoléon quitte Paris , se rend à sonarmée; le 6 octobre il arriva à son quartier général à Bamberg . L’armée fran-çaise était forte de 180,000 hommes des cinq corps de Bernadotte , Davoust,Soult, Ney, Lannes et Murat.—11 prend de nouvelles dispositions, les cinq corps