CHAPITRE V.
— d81o.
Waterloo. — Chute de l’Empire.
Nous n’avons pas à dire ici combien les premières mesures gouverne-mentales prises par le roi Louis XYIII répondirent peu à l’attente de ceuxmême qui avaient acclamé au retour des Bourbons. L’entourage d’émigrésincorrigibles et de courtisans âpres à la curée nouvelle qu’offrait la France ,sut annuler les bonnes dispositions que semblait avoir le roi, rendu prudentpar ses malheurs. L’armée fut traitée avec une sorte de mépris; les officiersd’antichambre reparurent pour humilier les glorieux débris de nos plus mé-morables campagnes....
Depuis un an déjà à file d’Elbe, Napoléon était occupé d’améliorations loca-les, comme refuge à son immense activité, et nulle des sommes stipulées poursa dépense n’avait été versée. Il apprit bientôt que le congrès de Vienne parlaitde le transporter à Sainte-Hélène... Ce fut alors qu’il conçut l’idée de prévenircette trahison par la plus audacieuse expédition qu’aura jamais à enregistrerl’histoire. On sait comment son vaste génie sut prévoir et deviner comments’accompliraient ce périlleux voyage et ses conséquences. Le 26 février, ac-compagné des généraux Drouot , Cambronne et Bertrand, et des autres offi-ciers supérieurs qui l’avaient suivi dans son exil, il s’embarqua sur le brickl’Inconstant; les 400 hommes de sa garde montèrent trois autres bâtiments. IIfit voile pour Cannes , où il ne débarqua que le 1 er mars, ayant subi l’hostilitédes vents. Son voyage jusqu’à Paris fut une marche triomphale. Partout lessoldats envoyés pour le combattre se rangèrent sous son drapeau, et pas un