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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

contre elle, et il ne rentre au port qu’une partie des équipages, qui n’onttrouvé de salut qu’en se sauvant sur des débris (t). »

L’armée française avait été admirable dans celte bataille. La cavalerie prus-sienne, si renommée jusqu’alors et qui passait pour la première de l’Europe ,n’avait pu tenir devant nos escadrons. L’expérience du combat de Saalfeld avaitété décisive. Le roi de Prusse lui-même en avait fait l’observation. Quant ànotre infanterie, elle était depuis longtemps la meilleure du monde.

La journée d’Iéna avait fait des vides assez nombreux dans nos rangs, dans ceuxdu 3 e corpssurtout, qui seul avaitsupporté les efforts de la bataille à Aucrstaedt.Près de 7,000 hommes avaient été mis hors de combat; mais beaucoup n’avaientheureusement reçu que des blessures légères. Ils vinrent bientôtrejoindre leursrégiments. Un seul général avait été tué, c’était le général de brigade de Pullyjun autre avait été blessé, c’était le général Conroux. Les colonels avaient étéplus maltraités. Neuf avaient été blessés mortellement : c’étaient les colonelsVergés, du 12 e de ligne; Lamothe, du 36 e ; Barbanègre, du 9 e de hussards; Ma-rigny, du 20 e de chasseurs; Harispe , du 16 e léger; Dulimbourg, du t" de dra-gons; Nicolas, du 61 e de ligne; Viala, du 81 e ; Higonet, du 108 e de ligne.

Dès le lendemain de la bataille, Napoléon, de son quartier général d’Iéna ,donne les ordres suivants à ses généraux : Bernadotte et Davoust, à la droite,se porteront, le premier sur Erfurlh, le second sur Leipsick, donnant tête bais-sée sur tout ce qui s'opposera à leur marche. Soult , au centre, marchera surButtelstedt , où se sont jetés les débris de l’armée prussienne. A la gauche,Murat et Ney suivront la route d’Erfurth, et, après la prise de cette ville, se di-rigeront sur Magdebourg pour se réunirai! maréchal Soult. Lannes et Auge-reau prendront position en avant de Weimar . La rapidité des événements de-vance les prévisions de l’empereur lui-même. Deux jours après léna, Erfurlhouvre ses portes à Murat. Le prince d’Orange, le maréchal de Mollendorff, desgénéraux et 14,000 soldats tombent entre nos mains, et Napoléon lui-même,qui venait de donner un sanglant baptême à deux champs de bataille, allaitvisiter celui de Rosbach, faisait abattre la colonne par les sapeurs du généralSuchet, et l’expédiait à Paris. Soult , à Greulsen, culbutait les deux divisionsde réserve de Kalkreuth, seul noyau d’infanterie échappé au désastre général.Bernadotte , à Halle, réparait glorieusement l’hésitation de sa conduite à lajournée du 14, en détruisant le corps du duc de Wurtemberg. Davoust traver-sait Leipsick au pas de course. Napoléon , poursuivant sa marche triomphale,entra à Postdam , résidence du grand Frédéric, le 24 octobre, pendant quele reste de son armée se dirigeait vers Magdebourg , achevant de détruire oud’enlever les débris de l’armée prussienne.

« Je ne pus me défendre d’un sentiment bien difficile à dépeindre, dit Na-poléon , en montant les marches du palais de Frédéric, et en visitant à Sans-Souci tous les lieux immortalisés par le grand roi. Il avait résisté sept ans à lamoitié de l’Europe ; en quinze jours sa monarchie était tombée devant nos

(1) XIII e Bulletin de In grande armée.