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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMEE

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ce qui ferait une diversion bien favorable à nos opérations; mais tout celan’est encore qu’hypothétique. »

Dans le même temps, la fermeté de l’ambassadeur français à Constantinople secondait encore les vastes desseins de l’empereur.

A peine la Turquie eut-elle déclaré la guerre à la Russie , que l’ambassadeuranglais s’embarqua secrètement sur une frégate, coupa les câbles et disparut.A son arrivé à Ténédos , il rencontra l’escadre de l’amiral Duckvvorth. Bien-tôt cette escadre parut devant les Dardanelles avec deux vaisseaux à trois ponts,trois vaisseaux de 80 canons, deux de 74 et quelques bombardes. Favoriséepar un vent du sud, elle arriva le 19 février devant les batteries des deux pre-miers châteaux. Le vent poussait, et les batteries du fort étaient mal armées.A la hauteur de Gallipoli, l’escadre anglaise rencontra un vaisseau turc de 74et cinq frégates ; les équipages étaient à la mosquée. Les Anglais les attaquè-rent et y mirent le feu ; les six bâtiments turcs furent brûlés. Cet incendie futaperçu de Constantinople . Au lieu d’y porter le découragement, il enflammatous les esprits. Le 20, à cinq heures du soir, l’escadre anglaise parut devantle sérail. Rien n’était prévu , aucun point n’était en défense , mais on courutaux armes. Le Grand-Seigneur se porta le premier sur les positions reconnuesles plus favorables pour établir des batteries. Hommes, femmes, enfants, Turcs,Arméniens, Grecs, ulémas, cheicks, derviches, tout le monde prit la pioche etla bretelle. Dix officiers du génie et de l’artillerie français arrivèrent dans lanuit de la Dalmatie .

En cinq jours, ôOO pièces de canon et 100 mortiers furent placés en batte-rie. L’ambassadeur anglais s’était représenté à Constantinople , et menaçait debombarder la ville. Voici ses conditions : 1° les châteaux des Dardanelles se-ront remis au pouvoir des Anglais ; 2° quinze vaisseaux de guerre, chargés demunitions navales, qui sont à l’arsenal, seront conduits à Malte; 3° la Portedéclarera la guerre à la France et renverra son ambassadeur ; 4° la Moldavie et la Valacliie resteront à la Russie . L’escadre anglaise appuyait ces préten-tions. Mais le sultan fut inébranlable; il fit répondre qu’il ne traiterait que lors-que les vaisseaux ennemis seraient en deçà des Dardanelles . En même temps,il envoya chercher le général Sébastiani, qui avait organisé la défense descôtes, et lui dit : «Les Anglais veulent que je chasse l’ambassadeur de France ,et que je fasse la guerre à mon meilleur ami. Ecris à l’empereur qu’hier en-core j’ai reçu une lettre de lui, et que je persévérerai dans mes desseins; qu’ilpeut compter sur moi comme je compte sur lui. »

Pendant ce temps, les batteries se dressaient à vue d’œil : le sérail, les côtesde l’Europe, en étaient couverts. Les Anglais , surpris de cette énergie inusi-tée de la part du divan, en regardant autour d’eux les nombreux ouvragesqui se dressaient de toutes parts, résolurent de lever l’ancre. Ils mirent eneffet à la voile le 8 mars; mais cette fois ils furent vigoureusement reçus parles châteaux de l’Europe et par ceux de l’Asie , où le général Sébastiani, pen-dant les conférences, avait envoyé des hommes et des munitions. Deux cor-