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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

logne, de traverser ensuite la ligne des lacs, et de se porter vers la région ma-ritime par Braunsberg et Dantzick . Il espérait pouvoir aussi passer la basseYistule entre Tborn et Marienbourg , couper du centre de la grande année lescorps d’armée de Ney et de Bernadotte, puis, se portant au-delà de Dantzick , defaire tomber la position de Napoléon en avant de Varsovie . En conséquence,un mois après la retraite de Pultusk, le général Beningsen se hâta de mettreson plan à exécution. Le 22 janvier, il arriva à Heilsberg sur l’Aile.

Cette entreprise était hardie, mais elle n’était pas contraire aux principes;toutefois la possibilité du succès reposait sur l’impéritie et l’imprévoyance duplus habile, du plus prévoyant des capitaines.

En effet, Napoléon avait pris des dispositions telles, que, quelque mouvementque fît l’ennemi, il dût être écrasé aussitôt. On verra par quelle fatalité provi-dentielle les Russes échappèrent cette fois encore à un désastre complet.

Ney, ainsi que nous l’avons dit, était établi à Mlawa , couvrant le corps dumaréchal Bernadotte, qui était cantonné à Elbing , position d’où il fermait auxennemis l’accès de Dantzick . Le défaut de vivres, dit-on, et un excès d’acti-vité l’en firent sortir et pousser ses colonnes jusqu’à Heilsberg sur la Prégel,descendant et remontant tour à tour le cours de l’Aile. Ces courses hardies,le mouvement prolongé qui menaçait Kœnigsberg , engagèrent le généralrusse à tenter une opération agressive pour couvrir cette capitale et pour écra-ser le corps du maréchal Ney, ainsi aventuré sur une ligne de plus de vingt-cinq lieues et à surprendre ensuite les canlonnementsde Bernadotte . Quoi qu’ilen soit, Beningsen s’ébranla au milieu de janvier. Certain d’être renforcé pardeux divisions du corps de réserve, il passa l’Aile et se disposait déjà à franchirla Passarge à Deppen, lorsqu’il rencontra les troupes du maréchal Ney. Les sol-dats russes étaient divisés en deux colonnes; une des deux devait se porter surLeibstadt pour attaquer et surprendre Bernadotte . Le maréchal Ney, à l’ap-proche de forces aussi considérables, se hâta de se replier sur lui-même et deprévenir à la fois le maréchal Bernadotte à sa gauche et Soult à sa droite; enmême temps il concentra ses troupes dans l’excellente position de Hobenstein.Le danger était pressant, et, sans aucun doute, c’en eût été fait des deux corpsde Ney et de Bernadotte, si Beningsen eût marché plus rapidement et se fûtporté de JohanisbourgsurNeidenbourg, c’cst-à-dire fût tombé directement surla queue du maréchal Ney au lieu de faire un détour pour gagner la tête deses colonnes et la couper de sa ligne de retraite.

Bernadotte , averti du danger, se hâta de se concentrer à Mohrungen, où ilarriva le 25 janvier. Il y fut attaqué le jour même. Un combat glorieux pournos soldats signala la reprise des hostilités et donna le temps au maréchal fran-çais de réunir ses forces à Osterode, où se trouvaient déjà celles du maréchalNey. Napoléon fut informé de ces événements le 26 janvier. Il s’emporta, dit-on,contre l’indocile et impétueux maréchal qui le forçait ainsi à recommencerune campagne d’hiver, quand le repos était si nécessaire aux troupes françai-ses après les fatigues qu’elles venaient d’éprouver. Il comprit bientôt quel'attaque des Russes n’était pas un simple mouvement d’avant-garde, maism. 25