ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 2U
s’avança à la rencontre de nos soldats; les troupes s’arrêtèrent. Un roulementde tambour commanda le silence, et le préfet de la Seine, d’une voix émue,prononça le discours suivant :
« Héros d’Iéna, d’Eylau, de Friedland, conquérants de la paix, grâces im-mortelles vous soient rendues !
« C’est pour la patrie que vous avez vaincu, la patrie éternisera le souvenirde vos triomphes; vos noms seront légués par elle, sur le bronze et sur lemarbre, à la postérité la plus reculée, et, le récit de vos exploits enflammantle courage de nos derniers descendants, longtemps encore après vous-mêmes,vous protégerez par vos exemples ce vaste empire si glorieusement défendupar votre valeur.
« Braves guerriers, ici même un arc triomphal dédié à la grande armées’élève sur votre passage; il vous attend : venez recevoir, sous ses voûtes, lapart qui vous est due des lauriers votés par la capitale à cette invincible armée.Qu’ainsi commence la fête de votre retour : venez, et que ces lauriers, tressésen couronnes par la reconnaissance publique, demeurent appendus désormaisaux aigles impériales qui planent sur vos têtes victorieuses... »
Bessières répondit dignement, et en peu de mots. On remarqua dans sondiscours le passage suivant :
o Les aînés de cette grande famille militaire vont se retrouver avec plaisirdans le sein d’une ville dont les habitants ont constamment rivalisé avec euxd’amour, de dévouement et de fidélité pour notre illustre monarque. Animésdes mêmes sentiments, la plus parfaite harmonie existera toujours entre leshabitants de la grande ville et les soldats de la garde impériale. Si nos aiglesmarchaient encore, en nous rappelant le serment que nous avons fait de lesdéfendre jusqu’à la mort, nous nous rappellerons aussi que les couronnes quiles décorent nous en imposent doublement l’obligation. »
Après ces deux discours, les couronnes d’or votées par la ville de Paris furentappendues aux aigles de la garde impériale.
Aussitôt l’orchestre exécuta le Chant du Retour, composé pour cette récep-tion solennelle, et dont les paroles étaient d’Arnault et la musique de Méhul .
La garde impériale commença à défiler dans l’ordre suivant :
Fusiliers de la garde, chasseurs à pied, grenadiers à pied, chasseurs à che-val, mamelucks, dragons, grenadiers à cheval, gendarmes d’élite, etc.
C’est dans cet ordre que la garde s’avança vers le palais des Tuileries ; elle yentra par l’arc de triomphe du Carrousel , déposa ses aigles dans le palais, et,traversant le jardin, elle se rendit aux Champs-Élysées, oii une immense tableavait été dressée. Chaque soldat prit part à un banquet dont la ville de Paris faisait les frais.
Fêtes splendides, temps héroïques, qu’êtes-vous devenus?...