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HISTOIRE DE L’ARMÉE
mann et Loison pour combattre les insurgés sur les points oû ils deviennentmenaçants. Kellermann écrase ceux de Coïmbrc, et Loison, avec 4,000 hommes,s’avance vers Évora ; il trouve sous les murs de celte ville un rassemblementconsidérable de troupes espagnoles et portugaises, les attaque sans calculer leurnombre et leur fait éprouver un sanglant échec. Les ennemis se réfugientdans les murs d’Évora . L’intrépide Loison fait attaquer la ville, y pénètre aprèsquelques heures de comba^et y fait un affreux carnage : chaque place, chaquerue, chaque maison devient le théâtre d’un combat sanglant. Les Français ,exaltés par cette résistance, tuent sans pitié tout ce qu’ils rencontrent. Cetteboucherie se prolonge pendant plusieurs heures, et la ville est saccagée de fonden comble.
Cette sanglante exécution, dont le souvenir vit encore dans les traditions dupays, jeta un moment l’épouvante dans le Portugal tout entier; mais l’an-nonce du débarquement des Anglais ranima bientôt le courage des habitants.
En effet, au premier cri de guerre jeté par le Portugal , l’Angleterre s’étaitempressée de préparer une grande expédition. Sir Wellesley, depuis duc deWellington, qui s’était acquis une grande renommée dans les Indes , fut d’abordembarqué pour la Galice avec 45,000 hommes; de là il reçut l’ordre de serendre en Portugal , où il devait être bientôt rejoint par le général Dalrymple,avec 45,000 hommes, en tout 30,000 hommes des meilleures troupes anglaises,dont ce dernier général devait prendre le commandement. Mais Wellesley,instruit de l’esprit qui animait les Portugais , et jugeant sainement la positiondes Français , résolut d’agir avant l’arrivée de son collègue, afin d’avoir seulla gloire de délivrer le Portugal .
Il donna l’ordre à son armée de traverser le Mondego à Coïmbre et de mar-cher sur Lisbonne .
Ce mouvement était calculé avec une admirable précision. En effet, Junot,obligé de contenir la population d’une grande capitale, de défendre les forts,ne pouvait opposer aux Anglais plus de 8,000 hommes; encore fallait-il pourcela rappeler le général Loison qui était encore à Évora . En attendant, il en-voya à leur rencontre le général Laborde avec 3,000 hommes.
Ce général se porta sur Roliça, où il rencontra les troupes ennemies; il eutl'audace d’accepter le combat, et, dans cette lutte inégale de 3,000 hommescontre 45,000, il résista depuis neuf heures du matin jusqu’à cinq heures dusoir, enleva plusieurs positions et n’abandonna le champ de bataille qu’à ladernière extrémité et après avoir causé une grande perte à l’ennemi.
Le lendemain 48 août, il prit position, en avant de Lisbonne . Lord Wellesleyne voulut pas le suivre pour ne pas s’éloigner de la mer. Il prit position àVimeiro, dans une vallée située non loin du rivage de l’Océan. De Vimeiro,on aperçoit à l’est des hauteurs qui dominent un grand plateau. C’est ce pla-teau qui devait être le théâtre de l’action.
Le général français partit de Lisbonne avec toutes ses forces disponibles, seréunit à Torres-Vedras au général Laborde, et se porta sur Vimeiro.
Le général Laborde commandait l’avant-garde, avec la première division';