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H1SÎ0IRE UE L’ARMÉEtrôupes doht il pouvait disposer. 11 requit également le corps aux ordres dugénéral Sébastiani, car il s’agissait de frapper un grand coup et d’attirer l’en-nemi dans une position où l’on pût en finir surtout avec l’armée anglaise.
Le premier corps s’avahça vers l’Albreehe et refoula une division ennemieformée d’Anglais et d’Espagnols , qui se vit serrer de si près, qu’un régimentde cavalerie anglaise fut coupé et presque entièremeent fait prisonnier.
Le 25 juillet, le roi Joseph, escorté de sa garde, et le corps commandé parle général Sébastiani opérèrent leur jonction avec le maréchal. L’armée fran-çaise passa alors l’Albreche et se trouva bientôt en face de toute l’armée enne-mie qui couvrait Talavera .
Les Espagnols occupaient la droite, appuyée au Tagë et couverte par devieilles murailles et des clôtures de jardins. Les Anglo-Portugais formaient lecentre et l’aile gauche. Ces derniers se développaient sur le penchant d’unmamelon et dans une position magnifique.
L’armée française se trouva, le 27 au soir, à portée de canon del’ennemi.Le maréchal Victor voulût, à la faveur de l'obscurité, tenter un coup de mainpour s’emparer du mamelon qui commandait toutes les dispositions des coa-lisés. La division du général Ruffm fut chargée de l’attaque; mais un régiments’égara dans les ténèbres ; un autre fut arrêté par un ravin ; le 9 e léger arrivaseul à mi-côte. 11 s’élança néanmoins pour gravir le mamelon et culbuta lespremièfes troupes qui s’opposèrent à son passage. Il allait en atteindre lesommet, lorsqu’une division entière se présenta et le força de rétrograder avecdes pertes considérables; aussi l’attaque s’arrêta-t-elle là pour la journée.
Le lendemain, malgré l’avis du maréchal Jourdan, qui croyait imprudentavec 40,000 honimes d’eti attaquer 75,000 dans une position formidable, on seprépara à recommencer le combat. Le général Ruffm, ayant organisé sa divi-sion en colonne d’attaque, ordonna l’assaut du mamelon qui la veille a\ ait étési fatale au 9 e léger, et que ses larges et profondes ravines rendaient extrême-ment difficile à emporter. Les Français , parvenus au sommet du mamelon,allaient le couronner et s’emparer des pièces qui le garnissaient, lorsque l’en-liemi rétablit le combat au moyen de troupes fraîches. Pour ne pas être enve-loppée par dès forces bien supérieures en nombre, la division Rui'fin fut obligéed’abandonner la position qu’elle avait chèrement achetée. Vers deux heures,au plus fort du combat, la chaleur du jour devint si vive, que les hostilitéscessèrent de part et d’autre, comme en vertu d’une convention instantanée etsignée entre les armées belligérantes.
En ce moment une espèce de lac séparait justement les Anglais de la divisionRuffin. Les officiers des deux côtés remirent l’épée au fourreau; ies soldatsfirent des faisceaux de leurs fusils, puis tous s’approchèrent des bords de l’é-tang et s’y joignirent pour se désaltérer ensemble et soulager leurs blessés. Iln’y eut plus alors ni Français ni Anglais ; il n’y eut que des hommes portantsecours à d’autres hommes qui souffraient.
Après une heure de cet étrange armistice, le canon qui s’était tù aussi,comme si là chalèur eût étouffé sa voix de bronze, recommença de tonner, et