248 HISTOIRE DR L’ARMÉE
assaillants, et le général Wilson alla chercher pp refuge (laps les montagnesde Montemayor, laissant 1,200 hommes de tués et autant de blessés sur lechamp de bataille. Les Français n’avaient pas eu plus de deux cepts hommeshors de combat. Ce brillant fait d’armes termina la courte campagne de Tala-vera, pu des épisodes les plus remarquables de la guerre d’Espagne .
Dans l’Aragon , l’insurrection s’était développée dés l’origine avec tant de ra-pidité et dans des proportions si effrayantes, que les généraux français LefèvreDespouettes et Yerdier, envoyés pour la comprimer, trouvèrent le pays com-plètement soulevé. A défaut de troupes de ligne, la population tout entièreavait couru aux armes; d’anciens militaires, des officiers d’artillerie accourusde Madrid et de Pampelune , des jeunes gens de l’école du génie d’Alcala, or-ganisent un noyau d’armée. Un simple brigadier, RebolledoPalafox, s’est misà lepr tête et a pris le commandement général an nom de Ferdinand VU.Sapagosse est le centre de cette insurrection formidable.
A l’approche des Français, l’audaçieux Palafox , au lieu de les attendre, seporte au-devant d’eux vers Epila, avec un corps de 9,000 hommes. Maisquelques décharges d’artillerie et de ipousqueterie portent le désordre dans lesrangs de ces troupes indisciplinées et sans expérience ; les lanciers polonais fon-dent sur elles, les enfoncent en un clin d’œil et en font un terrible carnage-
Sapagosse ne s’en dispose pas moins à une vigoureuse résistance. Celte ville,peuplée de 60,000 habitants, est située dans une grande plaine sur la rivedrpite de l’Èbre . Elle forme un demi-cercle, dont le fleuve décrit au nord lediamètre. La petite rivière de Huerva, qni n’est remplie d’eau qu’en hiver e{après les grandes pluies, descend des montagnes du sud, partage la plaine epdeux parties égales, et longe la moitié orientale de l’enceinte demi-circulairede la ville. Son lit forme un profond ravin et sert de défense naturelle auxportes Queipada, de Sainl-Ildefonse et del Sol. Sur sa rive droite, au milieu del’arc de cercle, le couvent de Saint-Joseph peut se transformer en un bastionavancé, plus loin, dans la même direction, s’élève le plateau de Monte-Torrero,sur lequel sopt situés les magasins à poudre. Cette hauteur domine les posi-tions environnantes, et le canal d’Aragon passe â ses pieds.
L’apceiote occidentale de Saragosse est formée de murs de huit à dix piedsde haqteur sur deux ou trois d’épaisseur. Trois portes, celles de Sapta-Engracia,de.l Carme n et del Portello, la plus voisine de l’Èbre , permettent l’accès de lavillp de pe côté. A une petite distance del Portello, sur la roule d’Al.agon, estsitué le château de l’Inquisition , masse de pierre carrée, dont les voûtes sont àl’épreuve de la bombe, et dont de petites tours protègent les quatre coins; unfossé profond l’environne-
Enfin, un pont de pierre conduit au faubourg de l’Arabal, sur la rive gauchede l’Èbre .
La plupart dps maisons de Saragosse sont basses et légèrement bâties, quoiqueconstruites en toriques ou en granit. Les cloîtres, les églises et quelques bâti-ments publics sont donc les seuls points forts de la ville.
Tqqt pe qne le patriotisme peut inspirer de sacrifices fut mis en usage par