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Le général Suchet resta en Aragon pour achever la soumission de cette pro-vince, tandis que .Mortier se portait vers la Castille pour soutenir les opérationsdes autres corps d’armée dans le midi de l’Espagne et vers le Portugal . Lemaréchal Lannes fut rappelé en France , où l’empereur préparait une nouvelleexpédition contre l’Autriche .
Vers la fin de mars, le roi Joseph donna Tordre au général Suchet de déta-cher une de ses divisions pour concourir avec le corps du maréchal Ney àl’expédition contre la Romana dans les Asturies . Cette diminution de forcerendait la position des Français en Aragon d’autant plus difficile qu’ils ne pou-vaient espérer aucun secours de la Catalogne, où le général Gouvion Saint-Cyr venait de commencer le siège de Girone et avait à peine des troupes suffisantespour tenir la campagne contre les nombreuses bandes de partisans de laprovince.
Par d’habiles dispositions et de savantes manœuvres, le général Suchet mul-tiplia ses ressources. Il couvrit d’abord Saragosse , que le général Blacke sem-blait menacer, et il rallia autour de lui toutes ses forces pour les concentrersur les rives de la Huerba. Il marcha ensuite avec 6,000 hommes au-devantdes Espagnols , bien supérieurs en nombre, et profita de leur confiance pourles attirer à Maria sur un terrain qui devait leur être défavorable. Puis don-nant le signal de l’attaque à Timprovisle, il enfonça promptement la ligneennemie et la mit en pleine déroute. La cavalerie française se lança sur lestraces des fuyards, en fit un grand carnage, et les poursuivit jusqu’à l’entréedes montagnes. Les Espagnols perdirent, dans cette affaire, plus de 1,200 hom-mes tués et de 400 prisonniers.
L’armée de Blacke, malgré cet échec, était encore redoutable par sa supé-riorité numérique. Suchet, sans lui laisser le moindre repos, la poursuivit etla rejeta sur Belchite , où, le 18 juin, se donna une nouvelle bataille. LesEspagnols , qui avaient reçu pendant la nuit précédente un renfort de4,000 hommes, voulurent arrêter la marche victorieuse des Français . Mais dèsle premier choc, toutes leurs positions furent enlevées ; le désordre se mit dansleurs rangs, et, pour fuir plus vite, ils jetaient leurs fusils et leurs sacs. Undrapeau, trente caissons, neuf canons et 4,000 prisonniers, furent le prix decette victoire. C’est ainsi que 6,000 Français détruisirent en quelques jours unearmée quatre fois plus considérable.
Le général Suchet voulut profiter de la destruction du corps de Blacke pourpurger entièrement l’Aragon des bandes d’insurgés qui la désolaient. Il en-voya le colonel Henriot s’emparer du monastère de la Tremendad, bâti surle sommet d’une montagne, et devenu la principale place d’armes et le dépôtde munitions des débris de l’armée aragonaise que le brigadier général Villa-Campa avait ralliés. Le couvent fut pris et livré aux flammes. Les combats deRoda, de Tudela, de Venasque , et plusieurs autres engagements partiels oùles Français eurent toujours l’avantage, achevèrent la pacification de T Aragonet permirent de dégager le pays jusqu’aux frontières de France .
En Catalogne, l’insurrection avait dès l’origine jetc les Français dans une