282 HISTOIRE DE L’ARMÉE
le seul point d’attaque possible; aussi les Espagnols avaient-ils dirigé de ce côtéleurs principaux moyens de défense.
Cadix et les forts de l’ile étaient occupés par 15,000 Espagnols , auxquels vintbientôt se joindre un corps auxiliaire de 7,000 Anglo-Portugais, commandé parsir Thomas Graham.
Le maréchal Victor ne pouvant essayer d’enlever Cadix par un coup de main,bloqua cette ville par terre. 11 établit ses divisions sur les points les plus im-portants du littoral, depuis l’embouchure du Guadalquivir jusqu’à la pointe del’île de Léon. Il occupa tous les débouchés des montagnes de la Ronda,mitdes avant-postes à Alcala de los Gazulès , remit en état de défense les forts établissur la côte, et enfin il plaça des troupes dans tous les postes importants de cetteligne, qui n’a pas moins de dix lieues d’étendue.
Le maréchal avait pour but en prenant ces dispositions, d’inquiéter la navi-gation des bâtiments ennemis dans les deux baies de Cadix et de Santa-Maria,de couper leurs communications avec les ateliers de radoubs de l’île Léon, etde tourmenter la population de Cadix par le feu de nombreuses batteries. Ilespérait obtenir la reddition de la place au moyen d’un bombardementdestructeur.
Le maréchal Soult, auquel le roi Joseph avait laissé le commandement enchef de l’armée, donna une nouvelle impulsion aux travaux de siège. Aprèsavoir reconnu la position, il résolut l’attaque du fort Matagorda, situé à lapointe la plus méridionale de la terre ferme, au nord-ouest de Cadix .
Cette attaque eut lieu le 11 avril et dura jusqu’au 23; le fort avait essuyé10,000 coups de canon et était réduit en ruines. Les Espagnols l’abandon-nèrent.
La prise de Matagorda permit aux Français d’aborder jusqu’à la partie mé-ridionale du Trocadéro. Mais les moyens de défense des assiégés et les diffi-cultés présentés par la nature môme deslieux firent traîner le siège en longueur.Plusieurs mois s’écoulèrent dans les travaux d’investissement de la rade et del’île Léon. Plusieurs fois les assiégés tentèrent des sorties contre la ligne d’oc-cupation des Français , et notamment dans la nuit du 28 au 29 septembre, où4,000 hommes débouchant parle pont de Suazzo, essayèrent de percer le centrede la ligne française; ils furent culbutés sans avoir rien pu faire contre nos ou-vrages avancés. Cadix serrée de près serait infailliblement tombée au pouvoirdes Français. Mais les généraux anglais qui dirigeaient les conseils des juntesespagnoles jugèrent que le seul moyen efficace de gêner les opérations dusiège et de fatiguer les Français serait d’envoyer des détachements sur diverspoints de la côte d’Espagne , afin de diviser leur attention et d’affaiblir l’arméeassiégeante, pour défendre plus aisément les points menacés ; c’est ce qui eutlieu. Le maréchal Soult, laissant au duc de Bellune le soin de continuer le siège,s’occupa de réprimer les tentatives de révolte et d’attaque qui éclataient surdivers points à la fois, de détruire les nombreuses guérillas qui s’étaient formées,et d’organiser l’administration de manière à amener la pacification de l’Anda-lousie et à assurer la subsistance de l’armée.