ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 287
paux ; le plus considérable occupait les villes de Viseu et Guarda ; une divisionétait campée en avant d’Almeida.
Le maréchal Masséna résolut de s’emparer également de cette place, et c’estle maréchal Ney qui fut chargé de cette opération. La place d’Almeida étaitforte par sa position et par une enceinte bastionnée et casematée, revêtue engranit et couverte par des demi-lunes et des contrescarpes. Elle capitula néan-moins après plusieurs jours de siège et une énergique défense.
Wellington, après la capitulation d’Almeida, se retira dans la vallée deMondego, sur la route de Lisbonne , dans la position inexpugnable de laSierra de Murcella.
L’armée française quitta Almeida le 15 septembre 1810 et se porta à sa ren-contre. Le maréchal Masséna, voyant l’ennemi établi sur la rive gauche du Mon-dego, pensa qu’en marchant par la rive droite il pourrait arriver avant lui àCoïmbre . En conséquence, le 18 septembre, il dirigea les 2 e et 6 e corpsd’armée sur Yiseu, où toutes les forces françaises devaient se trouver réuniesle 21. Malheureusement l’artillerie fut arrêtée par des difficultés de terrain,et força Masséna à rester deux jours à Viseu. Wellington profita de ce retardpour prendre à Busaco une excellente position sur la Sierra d’Alcolba, chaînede montagnes perpendiculaires à la rive droite du Mondego et qui couvrentCoïmbre. Les Français continuèrent leur marche, et le 24 ils rencontrèrentles avant-gardes ennemies.
L’armée anglaise était rangée en bataille sur la montagne d’Alcoba. A lapremière vue, elle paraissait forte de 35 à 40,000 hommes ; mais la réserve dela cavalerie portugaise, qui pouvait monter encore à une vingtaine de millehommes, était masquée : c’étaient donc 55 à 60,000 hommes que les Français allaient avoir à combattre.
Les trois corps de Ney, de Junot et de Reynier arrivèrent vers les trois heuresde l’après-midi. Ney, avec son ardeur accoutumée, voulait attaquer à l’instantmême; mais Junot et Reynier jugèrent la position de l’ennemi si bien fortifiée,qu’ils insistèrent pour qu’on attendît la présence du général en chef. Cette dé-termination prévalut. Masséna arriva sur les trois heures, examina l’ennemi àson tour, et annonça qu’il l’attaquerait le lendemain au point du jour.
50,000 hommes et 80 pièces de canon défendaient deux routes tellement es-carpées, qu’il eût suffi de 500 hommes pour y arrêter une armée. Le généralanglais avait, en outre, pris toutes les précautions d’usage en pareil cas, ne sefiant pas à la supériorité que lui donnait le terrain ; il avait fait occuper tousles bouquets de bois et tous les hameaux qui se trouvaient dans le système desa position : les deux routes étaient coupées par des fossés, des retranchementset des abatis d’arbres, battues de front et de flanc par l’artillerie, qui pouvaitjouer partiellement ou d’ensemble; enfin les Anglais , formés par échelons de-puis le milieu de la montagne jusqu’au sommet, découvraient tous les mou-vements de l’armée française, de sorte que sur aucun point ils ne pouvaientêtre surpris.
L’armée française, inférieure de 4 ou 5,000 hommes à l’armée anglaise, ne