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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
feu. Le général Morguet était tué et le général Forestier blessé grièvement.Les alliés perdaient 8,000 hommes, perte qui se dissimulait dans leurs masses.
L’Empereur, dépassant Brienne, ne crut pas devoir s’arrêter avant d’avoiratteint Lermont. 11 s’y reposa quelques heures nécessaires, et le lendemainil gagna Troyes , où était déjà parvenu le corps aux ordres du duc de Tré-vise.
La poursuite de l’ennemi était indécise. Marmont seul eut quelque peine àse soustraire au comte de Wrède, qu’il arrêta en coupant les ponts de la Voire.Mais cette opération, trop hâtivement exécutée, n’empêcha point diverses fortescolonnes de Bavarois et de hulans de gagner la rive opposée. Il y eut quelquesengagements partiels, mais une forte brume survint, et le duc de Raguse enprofita pour se retirer sur Rameru. Le général prussien York, déjà souventnommé, avait été détaché de l'armée de Silésie pour marcher sur Châlons ,que couvrait Macdonald, tandis que Bliicher suivait l’Empereur sur Troyes .Le 3 février, York déboucha sur Aulnay. Macdonald, avisé de l'approche deforces trop supérieures à celles dont il disposait, se renferma dans Châlons ,malgré le peu de résistance que pouvait offrir une place défendue par un simplemur en ruine. L’ennemi reconnut la place, et, découvrant entre les portes deVerdun et de Reims une large brèche de maçonnerie éboulée, il plaça unebatterie en face et ouvrit le feu. Peu à peu l’action s’étendit sur toute la ligneennemie, et se soutint sans avantage marqué pour l’un ou l’autre adversairejusqu’au soir. Mais à la nuit, le feu put être mis au faubourg Saint-Memmie, etla population s’épouvanta; les magistrats furent poussés à engager le duc deTarente à capituler. Celui-ci avait si bien épuisé tous ses moyens de défensedurant le jour, qu’il laissa la députation libre dans sa démarche vers le généralennemi. Une suspension d’armes fut réglée à l’instant, et dans la nuit la villefut évacuée; l’ennemi entra à Châlons à midi, tandis que Macdonald se retiraitsur Château-Thierry. L’empereur Napoléon, voulant rester à Troyes jusqu’aumoment où il aurait pu se rendre un compte exact des mouvements de l’en-nemi, expédia le général Michel, avec une brigade de la garde, à la rencontredes Autrichiens de Colloredo et de Lichtenstein, qui quittaient les hauteurs deSaint-Thiébault. Le général Michel repoussa l’ennemi, fort supérieur en nom-bre, jusqu’à Saint-Parre-les-Vaudres. Dans la nuit, une escarmouche tournaaussi à notre avantage; les Autrichiens perdirent 300 hommes, tant tués queprisonniers.
Mais l’événement le plus grave de la situation, c’était la jonction, enfin opé-rée à Bar-sur-Aube , entre la grande armée austro-russe et celle de Silésie.Pourtant l’ennemi ne sembla point en état de tirer un parti immédiat des avan-tages qu’il eût pu obtenir du désordre que l’affaire de la Rothière avait jetédans notre armée. Si les alliés avaient eu à leur tête un homme en état de ju-ger de haut la situation, nous pouvions être immédiatement écrasés sous sesmasses formidables; mais, au lieu d’agir, les princes étrangers tinrent desconseils. Il fut décidé que les deux armées se sépareraient de nouveau, quecelle aux ordres de Schwartzemberg opérerait sur les rives de la Seine, tan-