Band 
Tome quatrième.
Seite
7
JPEG-Download
 

ET DE TOUS LES REGIMENTS . 7

pas tous complètement remplis; car, dune part, un grand nombre de sol-dats, restés nominalement sur les cadres, étaient rentrés dans leurs foyers,ou avaient quitté le drapeau de la Constitution pour passer sous celui de laFoi; et, de lautre, les milices avaient dautant plus de peine à se recruter,quon ny voulait admettre que des révolutionnaires éprouvés. Néanmoins, àl'ouverture de la campagne, larmée constitutionnelle avait quatre corps ré-gulièrement organisés.

Mina commandait le premier, formé denviron 25,000 combattants aguer-ris, occupant la Catalogne ;Ballesteros avait 30,000 hommes dans son doublecommandement de la Biscaye et de la Navarre; Morillo occupait la Galice avec plus de 15,000 hommes; et le corps de réserve enfin, un moment affaiblipar les fortes escortes données au roi pour sa translation à Séville , se com-plétait à Madrid sous les ordres du comte de lAbisbal. Les Cortès comptaienten outre sur un renfort de 30,000 Portugais, renfort dont les priva la contre-révolution qui éclata bientôt à Cadix .

Lordre dentrer en campagne étant venu, larmée française franchit laBidassoa le 7 avril 1823.

La veille de ce mouvement décisif, une bande de transfuges, précédée parun drapeau tricolore, sétait présentée à nos avant-postes pour essayer dé-branler la fidélité des soldats. Le général Vallin, qui commandait lavant-garde, les accueillit par des feux de peloton et quelques décharges de mitraille.

La Bidassoa franchie, le gros de larmée marcha sur Tolosa. Mais une divi-sion, commandée par le général Bourlce, prenant surla droite, occupa la petitecitadelle de Fontarabie , le port dit du Passage, et, après un rapide engage-ment, contraignit les avant-postes constitutionnels à se réfugier dans DonSébastien, cette même place, dix ans auparavant, nos soldats soutinrent unsiège si glorieux, lun des plus notables épisodes de la retraite si brillammentdirigée par le maréchal Soult. Cette fois, les Français changeant de rôle, éta-blirent le blocus devant cette place forte quils avaient si énergiquement en-seigné à défendre.

Le duc dAngoulême , généralissime, passa linspection de larmée à Tolosa,après quoi le 2 e corps, commandé par le général Molitor, se dirigea sur Sar-ragosse par la Navarre, dans le but de mettre larmée en communication avecle corps du maréchal Moncey, qui, le 21 avril, devait pénétrer en Catalogne .Nos troupes sattendaient à une affaire sérieuse dentrée en campagne dans laforte position de Salinas ; mais le général constitutionnel Balesteros, prévoyantles manœuvres du général Molitor, couvrit brusquement lAragon en passantpar Logrono , laissant sur lÈbre le corps darmée du comte de lAbisbal,chargé de la défense des deux Castilles. Léloignement de Ballesteros forçadonc notre armée de franchir, sans coup férir, ces redoutables défilés deSalinas elle avait espéré de combattre. Le 17, nous entrâmes dans Vittoria, le généralissime établit son quartier général auprès de la Junte royalistequi vint sinstaller sous son égide. Dans le même temps, la division Bourke,qui continuait son mouvement parallèle aux côtes de lOcéan, sétait emparée