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Tome quatrième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS 133

Les souscripteurs du banquet qui font partie de la garde nationale sont priés de se réunirdevant l’église de la Madeleine et de former deux, haies parallèles entre lesquelles se place-ront les invités.

Le cortège aura en tète des officiers supérieurs de la garde nationale qui se présenterontpour se joindre à la manifestation.

Immédiatement après les invités et les convives se placera un rang d'officiers de la gardenationale.

Derrière ceux-ci les gardes nationaux formés en colonnes, suivant le numéro des légions.

Entre la troisième et la quatrième colonne, les jeunes gens des écoles, sous la conduite decommisaires désignés par eux.

Puis les autres gardes nationaux de Paris et de la banlieue dans l’ordre désigné plus haut.

Le cortège partira à onze heures et demie, et se dirigera, par la place de la Concorde et lesChamps-Elysées , vers le lieu du banquet.

La commission, convaincue que cette manifestation sera d’autant plus efficace qu'elle seraplus calme, d’autant plus imposante qu'elle évitera même tout prétexte de conllil, invite lescitoyens à ne pousser aucun cri, à ne porter ni drapeau, ni signe extérieur; elle invite lesgardes nationaux qui prendront part à la manifestation à se présenter sans armes. Il s’agitici d’une protestation légale et pacifique, qui doit être surtout puissante par le nombre etl'attitude ferme et tranquille des citoyens.

La commission espère que, dans cette occasion, tout homme présent se considérera commeun fonctionnaire chargé de faire respecter l’ordre; elle se confie à la présence des gardesnationaux ; elle se confie aux sentiments de la population parisienne , qui veut la paix pu-blique avec la liberté, et qui sait que, pour assurer le maintien de ses droits, ellen’a besoin qued’une démonstration paisible, comme il convient à une nation intelligente, éclairée, qui a laconscience de l’autorité irrésistible'de sa force morale, et qui est assurée de faire prévaloirses vœux légitimes par l’expression légale et calme do son opinion. »

C’était, comme on voit, un manifeste de guerre. Le ministère y réponditen faisant afficher dans tonte la capitale la loi sur les attroupements, cl cellequi applique les art. 234 et 238 du Code pénal aux gardes nationaux agissantcomme tels sans réquisition. Nous reproduisons celle de ces publications quirépond le mieux à la précédente :

« Habitants de Paris ,

Une inquiétude qui nuit au travail et aux affaires règne depuis quelques jours dans lesesprits. Elle provient des manifestations qui se préparent. Le gouvernement, déterminé pardes motifs d’ordre public qui ne sont que trop justifiés, et usant d’un droit que les loislui donnent, et qui a été constamment exercé sans contestation, a interdit le banquet du12 e arrondissement.

Néanmoins, comme il a déclaré, devant la Chambre des Députés, que cette question étaitde nature à recevoir une solution judiciaire, au lieu de s’opposer par la force ii la réunionprojetée, il a pris la résolution de laisser constater la contravention, en permettant l’entréedes convives dans la salle du banquet, espérant que ces convives auraient la sagesse de seretirer à la première sommation , afin de ne pas convertir une simple contravention enun acte de rébellion. C’était le seul moyen de faire juger la question devant l’autorité su-prême de la Cour de cassation.

Le gouvernement persiste dans sa détermination; mais le manifeste publié ce matin parles journaux de l’opposition annonce un autre but, d’autres intentions : il élève un gouver-nement à côté du véritable gouvernement du pays, do celui qui est institué par la Charteet qui s’appuie sur la majorité des Chambres; il appelle une manifestation publique, dange-reuse pour le repos de la cité; il convoque, en violation de la loi de 1831, les gardes natio-naux. qu’il dispose à l’avance en haie régulière, par numéro de légion . les officiers en tète.Ici aucun doute n’est possible, de bonne foi; les lois les plus claires, les mieux établies,sont violées. Le gouvernement saura les faire respecter; elles sont le fondement et la garantiede l’ordre public.

J’invite tous les bons citoyens à se conformer à ces lois, il ne se joindre à aucun rassem-blement, de crainte de donner lieu à des troubles regrettables. Je fuis cet appel à leur pa-triotisme et à leur raison, au nom de nos institutions, du repos public et des intérêts lesplus chers de la cité.

Paris, le 21 février ISiS .

Le pair de France, préfet de police,

IV.

Gabriel Delessert .20