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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE LARMÉE

accusée de donner à scs prises darmes, à ses manifestations, une arrière-pen-sée politique qui déplaisait aux ministères, lesquels oubliaient parfois quonne traite point comme des soldats assermentés des citoyens indépendants. Lagarde nationale nest, après tout, (pie lopinion publique armée. Elle prête ouretire son concours au gouvernement, suivant ses convictions... ou ses inté-rêts. Ce jour-, son intervention pouvait décider de lissue de la crise dont il fal-lait bien finir enfin par reconnaître le danger. Mais cette fois, elle sembledécidée à se placer entre les adversaires, comme médiatrice. Elle arrêtera, ellecomprimera linsurrection : mais le roi renverra ses ministres, et la réformeélectorale sera accordée... Ses aspirations politiques ne vont pas au-delà.

Cest donc aux cris de.Vive le réforme! à bas le ministère! que presquetoutes les compagnies sassemblent. Cest surtout le cri de la 10 e légion.

Cette légion met lambargo sur des fourgons dartillerie quelle rencontreplace Bourbon. Elle ne veut pas que les troupes reçoivent de munitions, pasplus que le peuple. Elle veut que partout les adversaires engagés mettentbas les armes devant son intervention pacifique.

Un bataillon de la2 e légion veutfaire entendre au roi, qui, dit-on, les ignore,les vœux des masses. M. Léon de Laborde , le fils dun glorieux général de Wa-grain, est à sa tête. Mais les grilles des Tuileries sont closes. Le bataillon déçudoit revenir sur ses pas. Parvenu au boulevart, il empêche un escadron decuirassiers de charger le peuple.

Dans la rue Montmartre, un fort détachement de la 3 e légion marche encriant : A bas les ministres ! vive la réforme! Devant léglise des Petits-Pères,les gardes nationaux voient des gardes municipaux aux prises avec la foule ;ils se placent entre les soldats et le peuple, et empêchent le sang de couler.De nombreux détachements de cette force médiatrice parcourent ainsi lesquais, les boulevarts, les grandes artères, et pas un acte dhostilité na lieusur leur passage. Les troupes régulières ne répondent point à leurs cris poli-tiques; mais, en les voyant, elles se disent : Haut les armes !

On ne tarde point pourtant à connaître, aux Tuileries, la nature de cettemédiation pacifique, et sous les réserves de quelles exigences elle est prêtée.Les cris qui formulent ces exigences ont enfui pu être entendus du roi. Louis-Philippe déclare alors quil comprend avoir pu être trompé sur les désirs dupays. Une députation delà 3 e légion arrive au général Jaequeminot : elle luiremet une pétition qui demande le renvoi du ministère. Leroi en est instruit.La duchesse dOrléans présente, le supplie de ne pas compromettre lhéri-tage de son fils. Le roi interroge les officiers de sa maison, et toutes les per-sonnes de son entourage qui arrivent du dehors, puis il se recueille.

Le palais Bourbon est occupé par des forces imposantes. Les dragons, lescuirassiers, les gardes municipaux, en plus grand nombre ces jours-quon ne les eût soupçonnés dêtre, la troupe de ligne enfin, sont échelonnésdepuis la rue Royale jusquà celle de Bourgogne . Les députés eux-mêmes nepassentquen exhibant leurs médailles : cette sorte de permanence, dont nousavons parlé déjà, existe de fait, sinon dintention ; la séance avait été fixée la