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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE LARMÉE

Après avoir, comme nous lavons dit, désarmé la garde de Dhôtel desPostes, les combattants partis du journal la Réforme arrivèrent sur cette place,qui formait un des importants avant-postes de la défense des Tuileries . 11 yavait des noms connus dans le parti républicain : Étienne Arago , Banne,Lagrange, Fargin-Fayollc, Cliancel, etc. Ces citoyens cherchèrent à persuaderde se rendre le capitaine qui commandait le poste du Château-dEau. Celui-cidéclara quil ne remettrait le poste que sur lordre de ses chefs. Mais la fouleaugmentait, et on put juger que bientôt la partie allait sengager résolue etsanglante. On dit quun général qui survint, donna ordre aux soldats de lais-ser le poste. Mais le peuple exigea les armes, et le brave capitaine qui com-mandait ce poste refusa de consentir à cette humiliation ; il ne voulutpartir quavec les honneurs delà guerre. La foule séchautfa. Désarmons-tes'.criait-on de toutes parts. Des gardes nationaux cherchèrent vainement à seglisser entre les soldats et le peuple : eux-mêmes furent en partie désarmés.Tout à coup on entend éclater une fusillade devant le poste opposé, cest-à-direà la façade du Palais-Royal. Cétaient les soldats qui, voyant le peuple forcerla grille du palais, se retiraient en déchargeant leurs armes. Les soldats duChâteau-dEau en firent autant, croyant peut-être répondre à une attaque. Laplace fut un moment balayée ; mais des combattants irrités se tenaient à labridune barricade élevée à langle de la rue de Valois. Dautres vinrent auxcoins des rues, et firent un feu nourri sur le poste. Les soldats répondirent,et bientôt ce fut un combat acharné entre le poste du Château-dEau et la bar-ricade de la rue de Valois. On tirait comme on pouvait, le plus souvent auhasard, ainsi que lattestent les nombreuses empreintes de balles restées jus-quau haut des maisons voisines. Une épaisse atmosphère de famée ne tardalias à se condenser dans lespace quenserre la place, et ce ne fut plus quauxcris de douleur des victimes quon put comprendre quon se touchait. On ti-rait de plus près sur le poste, des rues Saint-Tiiomas-du-Louvre et du Musée.Une nouvelle barricade, élevée à la hâte au coin de la rue Saint-Honoré, riva-lisait avec celle de la rue de Valois, et bientôt, par larrivée de nouveaux com-battants, débouchant du Louvre par la rue de Chartres, le Château-dEau setrouva entouré dune ardente ceinture dassaillants, auxquels sétaient jointsune centaine de gardes nationaux des 3 e et 5* légions, qui avaient aidé les in-surgés à prendre le poste de la Banque. Enfin, le peuple ayant pu faire irruptiondans une partie des appartements du Palais-Royal , des fenêtres donnant surla place le combat se développa avec une incroyable ardeur.

Mais à quoi servait tout ce sang répandu? Le peuple voulait assiéger lesTuileries; quimportait le Château-dEau? Que de braves soldats, que decitoyens intrépides sont tombés, dont la vie pouvait être épargnée, puisquilest à peu près constant aujourdhui que la royauté ne se défendait pas... ouquon ne la défendait pas...

Les soldats firent plusieurs tentatives de sortie, comme le peuple fit diversestentatives dassauts. Cest ainsi que lon perdit de part et dautre bien dumonde. Les soldats rentrés, on vit des assaillants exaspérés, se glisser dans la